Tu as fait ta valise

Annabelle

Tu as fait ta valise

Tu as fait ta valise, je t’ai demandé de partir, une séparation provisoire, j’ai insisté des mois et maintenant que tu as fait ta valise, je ne veux pas que tu partes. Comment est-ce possible de t’aimer si fort, d’en crever de toi et de ne plus pouvoir vivre avec toi ?

J’ai l’âme déchirée, la gorge nouée, On descend au garage, située au second sous-sol de notre immeuble, descente vers l’enfer, le vide le néant, l’absence bientôt inexorable. Tout a été dit et pourtant, j’aimerais encore trouver les mots pour que tout s’efface, j’aimerais entendre tes mots pour que rien de ce qui se passe, se passe. Rien que le silence et la peine de nos âmes de nos chairs qui se sont tant connues, désirées, délaissées, ignorée méprisées et tout cet amour qui déborde. Je retiens mes larmes, j’ai décidé, il ne voulait pas. Tu as décidé que finalement tu m’aimais mais que tu ne savais pas me rendre heureuse et j’ai tenu bon en me disant que c’était la meilleure solution pour moi, pour ma survie. Vivre avec toi c’est me perdre mais vivre sans toi, je suis perdue. Dilemme.
Je mets le contact, démarre, fait des manœuvres pour sortir du parking emprunte la pente raide qui nous menera dehors, dehors ou tu disparaîtras. Je me dis qu’au retour je reprendrai cette pente en sens inverse, seule. Que je vais rentrer dans cet appartement vide de toi, que ce n’est pas possible, pas envisageable, les larmes coulent, ma vision s’altère, on dirait que le pare-brise de la voiture est remplie d’eau, de gouttes de mes larmes, de ma vie. J’ai du mal à conduire. Tu es à côté, ton regard est fixe. Tu ne dis rien, ne veut rien dire. Que pourrais-tu bien dire à présent, toi qui m’as laissé prendre cette décision. On dit que ceux qui prennent la décision souffrent moins. Foutaises.

Ta valise est sur la banquette arrière, tu as pris quelques vêtements, des livres et ta musique, qui t’accompagne lors de tes déplacements et quelques photos de moi, de nous. Tu ne te déplaces jamais sans musique. À la maison, tu étais constamment avec le casque sans fil, que je t’ai offert. Quelle connerie. Tu étais déjà dans ton monde, sans alors cela a été pire. Tu rentrais tu te servais un whisky, prenais une douche et te vautrais sur le pouf poire, seventies comme toute la maison, écoutant ta musique. T’enfermant dans ton monde dandy et noir du velvet underground ou alors écoutant les ragas envoutants indien.

Nous arrivons je me gare, les yeux toujours remplis de larmes. Je renifle et ravale mes sanglots qui se meurent dans ma gorge. Tu ouvres la porte du logement prêté par un ami, qui s’est absenté pour un mois. Un mois pour voir si l’on peut vivre l’un sans l’autre. Tu tiens ta valise de l’autre main, tu la poses au milieu de la pièce, je devrais partir, te laisser toi et ta valise dans laquelle tu as placé, un morceau de ta vie et moi. Je ne peux pas rentrer sans toi, tu ne peux pas rester sans moi. Nous pleurons tous les deux, comme deux cons qui s’aiment mais qui n’arrivent pas à s’aimer.

Je te dis ne dors pas ici ce soir, je ne peux pas c’est trop dur alors tu laisses cette valise, dans cet appartement qui n’est pas le nôtre, me prends la main et me dis rentrons.

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