Sylvie Hérout

Sylvie Hérout

Sylvie Hérout

sylherout@yahoo.fr

Biographie et bibliographie à rebours
Je suis née à Paris le 22 mars 1947.
22 mars : voilà qui, depuis quarante ans, donne de la gueule à mon anniversaire, aux yeux de mes contemporains du moins.
1947 : André Gide reçoit le prix Nobel ! Des fées sur mon berceau ?
Surtout pour qui, très tôt, s’intronise écrivain :
« À sept ans, j’écris mes premiers poèmes. Pour les signer, il faut un nom de poète. Les poètes sont toujours masculins. J’examine les prénoms de garçon que je connais, retiens le plus étrange, Roger. Reste à trouver le nom, un nom qui fasse rêver. La plage de Nice surgit, riche de ses beaux cailloux gris et blancs, ronds et lisses. Mon nom je l’ai trouvé : Roger Galet. »
Un départ prometteur, convenez-en.

Ensuite, en guise de faits d’arme :
En 1964, j’inaugure la boue d’où émerge le premier cube noir et blanc de la fac de Nanterre. Sous la tutelle d’un grand homme, Didier Anzieu (Le Corps de l’œuvre, Créer Détruire, le Moi-Peau, Beckett… vous connaissez ?), je deviens Psychologue.
Entre temps, le vent nouveau de mai 1968 a soufflé mais sans moi, toute occupée que je suis de mon premier bébé ; puis deux, puis trois.
Après la famille, le métier.
Ressources humaines en cabinet : écouter, évaluer, accompagner, conseiller, écrire… des bilans, des portraits.

Et Roger Galet dans tout ça ?
Pendant trente ans, silence papier. Pas une ligne, pas une lettre. Je m‘interdis de plume. Au fond de moi pourtant la blessure se creuse.
Jusqu’à ce que, voilà dix ans, une phrase surgisse et une autre et une autre encore, jusqu’à faire un roman, malgré de longues intermittences : Des miettes à saisir.
Envoi à éditeurs. Des non de convenance sauf un. Claire Delannoy (Albin Michel) prend la plume pour me dire gentiment que si le ramage de la deuxième partie avait eu la brillance du plumage de la première c’eut été oui.
Dommage. Tant pis.
Deux autres manuscrits suivront.
L’air est vif, mais il va faire beau, fragments autobiographiques. Genre délicat, j’en conviens, lorsqu’on n’a pas un nom.
Et puis le petit dernier : Un homme de paroles que j’évoque dans le papier publié dans la Gazette n° 2, C’est fou, une fille.
Le début, pour goûter ?
« Tu as dit
Nager avec toi, nue dans la mer froide, un jour je pourrai ?

Tu as dit
Tu me feras visiter, dis, le lieu où tu écris ?
Tu as dit
Non, c’est ta vie intérieure que je veux visiter.
Quand j’ai dit : Ça ne se visite pas, ça se découvre,
tu as réfléchi et tu as dit
C’est une réponse.

Tu as dit
Je voudrais voir tout au fond de tes yeux ce que tu caches.
Dans l’un je vois une caverne sombre ; de la malice dans l’autre.

Tu as dit
Je voudrais te serrer dans mes bras. J’ai envie d’être doux avec toi… une envie folle. Jamais je n’ai senti cela.
Tu as dit
Ça ne me ressemble pas.

Puis, après un silence, tu as dit
Que dirais-tu si je t’embrassais, là, devant tous ceux-là ?

Un peu plus tard tu as dit
Ton prénom, c’est quoi déjà ?

Quand l’heure du départ est venue,
tu as dit
Comment je vais faire, moi, si longtemps sans toi ?
et tu me tenais par les yeux et tu me souriais…

Alors j’ai dit : Appelle-moi ? »

Tout de même, en 2004, un titre publié à mon actif : La Jeune fille modèle.
Expérience aussi complète que minuscule de la publication, avec la parution de ce tout petit livre illustré par Alexandre Maupied, chez un tout petit éditeur qui se lance : Un-état-d’esprit.
Livre objet, bel objet, qui fait une carrière brève -l’éditrice depuis s’est mise en sommeil-, mais intense (Salon du Livre où beaucoup d’exemplaires se vendent, 30 secondes d’émission littéraire à la télé, et même un article de presse… plus long que le texte du livre !).
De quoi aiguiser mes sensations et mon excitation.

Pourtant, depuis deux ans je somnole moi aussi, écrivant de ci de là, Revue Plein Sens, Journal de la Sirène, La Gazette maintenant, au hasard des opportunités.
Hibernation qui sent son écurie puisqu’en juillet je tourne la page… de mon métier. Le plein de lire, le plein d’écrire, plein temps à venir…

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