Vendredi 24 février 2017 à 19 h 30 : La France d’hier

testaUne soirée avec  Bruno Testa pour son roman Les Conscrits.

« On avait tous vu le tracteur erratique, et son char rempli de conscrits vautrés comme des guenilles dans la paille, traverser à toute berzingue les rues du village, perdant une partie de sa cargaison dans les tournants, surtout les imprudents qui s’asseyaient les jambes ballantes sans s’accrocher et qu’on retrouvait plus tard le bras en écharpe ou une jambe dans le plâtre. Ils allaient triomphants, dans leur char décoré de feuilles de vigne et de petits drapeaux aux couleurs de la France, réveillant le village endormi, faisant sourire les passants qu’ils récompensaient d’un coup de clairon. » Dans les campagnes, jusqu’à une date récente, on demandait facilement à un homme : « Tu es de quelle classe ? ». Pour répondre, il suffisait d’ajouter 20 ans, âge légal de départ au service militaire, à sa date de naissance. Tous les gens d’une même classe d’âge étaient des conscrits. Le conseil de révision (qui déclarait les hommes aptes au service militaire) ayant lieu à 18 ans, les conscrits avaient pris l’habitude de faire cette année-là une bringue géante lors de la fête du village. C’est cette « fête des conscrits », véritable bacchanale et rite de passage de l4adolescence à l’âge adulte, que j’ai voulu raconter. B. Testa

Les bals : Dans un style cru, dur parfois, amusé le plus souvent, Bruno Testa nous parle d’un village du Forez de la fin des Trente Glorieuses qui n’ont pas été glorieuses pour tout le monde. Il nous dresse le portrait d’un monde ouvrier où préjugés français et italiens se mélangent allègrement, où l’usine se conjugue avec la ruralité, où garçons et filles se rencontrent en fin de semaine dans cette grande foire du sexe et de l’amour que sont les bals. Une France non identifiée sur les cartes littéraires officielles.

Lettres de mon Moulin-rouge :  Bruno Testa nous fait visiter Montmartre. L’occasion de rencontrer Citrouille-amère, Marrone et Bartolo, de méditer sur les culottes trouées que l’on voit en vitrine à Pigalle, de se disputer avec Marie-Ange sur le fait de savoir s’il est vraiment opportun d’écrire un roman sur un homme qui ne se lève pas, de discourir avec Mathurin jusqu’à point d’heure et plus soif au Palmier, de maudire Amélie Poulain qui a transformé les 2 Moulins en bar à touristes, de croiser des fantômes illustres qui ont pour nom Henry Miller, Céline, Max Jacob, la Goulue, Valentin le Désossé, Toulouse-Lautrec, et bien sûr Fréhel. Tout un monde qui tourne, dérisoire et joyeux, comme les ailes du Moulin-Rouge…

 

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