Samedi 19 novembre 2016 à 19 h 30 : soirée poétique

dc06d919-2d1e-4b87-a584-3a95aaf983b4Une soirée avec les éditions L’herbe qui tremble, en présence de Max Alhau pour Si loin qu’on aille, d’Isabelle Lévesque pour Nous le temps l’oubli, et de Béatrice Marchal pour Résolution des rêves.

Max Alhau : Si loin qu’on aille est écrit comme journal de marche. C’est le voyageur, le marcheur des causses, des montagnes, des bords de lac, des prairies, qui parle. Le regard qu’il pose sur les paysages se traduit en mots, chargés d’émotions, chaque pierre, chaque brume est un mystère qu’il ne résout pas, mais qu’il traduit par un questionnement sans cesse renouvelé sur la condition de l’homme.  Max Alhau s’adresse au quotidien des hommes, il marche, à chaque jour une marche, à chaque marche il parle aux hommes, à leur monde intérieur, il peut être gris de cendres, transparent, le poète, ne se contente pas de la seule beauté des paysages, il porte une attention particulière à ce qui est sur les bords de notre existence.

Isabelle Lévesque : L’écriture d’Isabelle Lévesque est très personnelle. Le poème commence souvent par un seul vers, qui semble détaché du reste du texte. Cela donne l’impression de quelque chose d’inachevé. Le sens ne se laisse pas saisir facilement. Il faut relire. Les mots, ici, sont tourmentés. Porteurs d’entailles. « Nous le temps l’oubli » : « nous » originel, le temps finira-t-il par l’effacer ? Isabelle Lévesque semble hantée par la disparition d’un être cher. Ce  « Tu » auquel elle s’adresse est présent dans l’absence. Le temps s’étire. « Tu t’approchais.// Les mois : blason fut fait/ de nos dix doigts./ Lent le fruit le seuil/ Tu fis forêt du murmure,/ une feuille un son./ Tout fut/ frisson ». Il s’agit d’un recueil sur le lien. Un lien indéfectible. Les mots « fil », « cordon », « nœud », sont utilisés. « Tu es/ ma rive à coton tiré/ – aborde au tronc la fibre-nuit. Je suis/“ta cause” ». Le poème voudrait être témoin de cet attachement, mais il échoue parfois dans sa recherche d’unité. Il « Éclate ». « Je tue (rituel). Sans/ gravité. Mort-né. Cloporte et ciel. Couvert/ de cailloux. » Au final, l’appel, le manque à combler sont plus forts que tout. Par leur litanie, leur incantation, ils finissent par agir comme un liant. A cela s’ajoute le lent travail des mots, leur maturation. Le recueil accède ainsi à son unité. « Nus sous le ciel défaillant./ Ce livre,/ « nous » ».

Béatrice Marchal : Avec Résolution des rêves, Béatrice Marchal se souvient de son enfance, elle explore ses souvenirs sans lesquels on ne peut rien construire. 
Le recueil commence par des rêves évoquant des traversées dans l’eau, fort symbole de la naissance, de l’enfant bien sûr, mais aussi de sa poésie :
 « à moi, eau de recréation !/ à moi, eau qui porte aux rives du sens,/ lettres, syllabes et mots ! »
L’eau est aussi apaisement :
«Chaque fois que revient le calme/ en moi, c’est le petit ruisseau d’eau claire/ que je revois, tel qu’on l’aperçoit de la route/ où chaque fois nous nous arrêtons»
Et, pour que la poésie vienne, Béatrice Marchal n’a pas compté le temps
« Je me suis longuement attendue,/ dans la hâte d’être celle qui saurait ouvrir/ tout grands à la vie ses bras libérés des peurs. »

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