Jeudi 5 février 201 5 à 19 h 30 : Spectacle En pure perte

ContaminUne performance contée – causerie philosophique, d’après la réécriture d’extraits de Kleist, Büchner, Rilke, de et par Laurent Contamin.

Trois auteurs de langue allemande du début du XIXe au début du XXe siècle, trois francs-tireurs qui préfèrent les questions aux réponses, le doute aux vérités faciles et les risques de l’abîme aux mirages de la mascarade : trois paroles d’une acuité troublante dans l’Europe d’aujourd’hui où nous devons poser la question du sujet quand, justement, les lobotomies consumériste ou fondamentaliste voudraient, pour mieux nous perdre, nous priver de ce questionnement ; trois « théories de la relativité » qui, en ne cherchant pas à éluder sa fragilité, voire son vacillement, replacent l’Homme dans un autre rapport, plus juste, vis-à-vis du monde, des autres et de lui-même.
S’interroger sur l’Homme en tant que sujet, donc : le narrateur de Kleist réfute, pour l’humain, toute possibilité de grâce, celle-ci étant réservée aux pantins et aux dieux. Et la connaissance même, le « connais-toi toi-même » socratique ne semble mener l’Homme qu’à une forme d’auto-complaisance sans grandeur ni perspective.
A partir de cette implacable tabula rasa, je tente, avec Rilke, de réhabiliter et de reconstruire le sujet humain :
« il faut apprendre à voir » ; mais il s’agit de trouver un sens à la conscience humaine qui ne fasse pas folie Büchner) ou de la mort : une reconstruction « à rebours », donc. Alors seulement, une fois descendu de son piédestal narcissique, l’Homme, parce qu’il a accepté de (se) perdre, peut « laisser place à la trouvaille » Avec ces trois empêcheurs de penser en rond s’ouvre le questionnement ontologique : Que connaît-on ? Comment vivre ? Qu’est-ce qu’être humain ?
Mais c’est en artistes et non en raisonneurs que cherchent, avec la sincérité de leur expérience personnelle, parfois même avec ironie, ces jeunes adultes. Re-questionner la place de l’homme au risque de sa perte passe, chez eux trois, par la confrontation au réel et par le subterfuge du dédoublement. Si Büchner et Rilke utilisent des doubles réel (Lenz) ou imaginaire (Malte) pour articuler leur pensée, Kleist fait du double l’axe même de son texte sur la marionnette.

http://www.laurent-contamin.net/

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