Du lundi 19 au samedi 31 mai 2014 : Exposition « Faces ouvertes »

PersonaUne exposition des toiles surprenantes de Jymmi Anjoure-Apourou

Vernissage vendredi 23 mai à partir de 18 h.

Une obsession se lit dans chacune de ces toiles : celle de la figure humaine, ses troubles et ses angoisses… Figure qu’il brutalise, défie, ouvre et traque jusqu’aux confins d’elle-même… Chercher la face, sa vérité, la montrer à la tombée des masques, en pleine lumière et en pleine déraison. La saisir lorsqu’elle ne triche plus, lorsqu’elle ne sourit plus et qu’elle se présente yeux grands ouverts, profonds comme des tombeaux, tête haute campée sur un déséquilibre.

Parcours surprenant que celui d’Apourou… Juriste de formation, c’est à Paris où il vit et travaille, qu’il découvre la peinture en 1995. Très vite, il décide de s’y consacrer pleinement, sans concession et surtout seul. Autodidacte, nourri directement à la source que sont les musées et les expositions, il reste longtemps sans montrer ses toiles, jusqu’en 2002, date à laquelle il se jette à l’eau d’une exposition personnelle. Peu à peu, tout en conservant ses influences, il trouve à force de tentatives sans cesse renouvelées, sa propre voix, le chemin d’une peinture toute intime, toute personnelle.

Entre la chair et l’esprit

« Une ligne ténue parcourt la peinture d’Apourou. Elle marque discrètement la limite fragile entre l’intérieur et l’extérieur, le corps et l’âme, la chair et l’esprit, l’intus et le foris de l’humain. Au-delà de cette ligne, c’est le fond impeccable, le costume net, le gibet glacial, la couronne lumineuse, le voile impudique, le corps civilisé et dompté ; en deçà, c’est le surgissement bouillonnant de la matière, de l’invisible brutalement révélé, de l’âme brute, primitive et sauvage. C’est là qu’est l’obsession du peintre, dans ce déséquilibre d’un débordement qui paraît incontrôlable, dans ces hommes et ces femmes qui sortent d’eux-mêmes, qui abandonnent le masque policé de la civilisation pour montrer le désordre de la réalité de l’humain, dans ces retranchements quêtés au plus profond des consciences, loin derrière les apparences. Le corps démasqué laisse place à l’âme désordonnée.

Représenter cette aporie revient en effet à la circonscrire, à la contenir et l’inscrire dans un sur-cadre, suggestion opérant l’ouverture vers un sur-sens de la peinture : fouiller aux tréfonds de cette aporie amène à conjoindre deux hypothétiques lectures, à chercher à anéantir le double, la contradiction, l’opposition, l’affrontement dans la peinture elle-même. Alors, la matière lisse côtoie la densité rugueuse de la pâte, et de leur lutte, l’Écrit d’une Œuvre naît superbement. »

Jeanne d’Esleys

Finissage le 31 mai de 16 h à 19 h.

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