Mars 2011

Mercredi 2 mars 2011 : Trois veillées à Paris
 à 19 h 30
. De l’écriture solitaire au lien social
. Lectures, échanges, signatures.

Du 1er au 31 mars 2011 : exposition de photographies de Laurence Charrié, « Les jardins extraordinaires Balade poétique dans les jardins du 93 »,vernissage le jeudi 3 mars à 18 h 30 à la librairie.
J’ai entrepris ce travail de photos des jardins familiaux en janvier 2007 à Villetaneuse. Au printemps, au détour d’un de ces doux week-ends, j’ai fait mes premières rencontres de jardiniers. Là, j’ai croisé l’ingéniosité, le savoir-faire, la fierté aussi, les souvenirs, la nostalgie du pays d’avant ; j’ai touché de près la solidarité, la convivialité aussi. 
L’été passa et je décidai de poursuivre ce travail sur l’ensemble du département que je connais bien et qui m’est cher, territoire combatif et inventif. L’accueil à Pierrefitte, Sevran, Pantin, Saint-Denis, Romainville… fut le même : chaleureux et heureux.
Au pied de tours des années 60 ou d’immeubles de bureaux récents, on sent toujours la terre, on la retourne, on la soigne, puis on récolte et on partage. Comme les anciens on économise l’eau, on recycle les déchets.
En une trentaine de photos, je vous invite à partager cette balade faite pendant plus de trois ans. Aventure humaine émouvante, découverte d’un imaginaire étonnant, d’une convivialité touchante.

Vendredi 4 mars à 19 h 30 : Soirée « Les mots débloquent » avec Bernard Chotil pour le Chotisier de Bernard et Alain Créhange pour Le pornithorynque est-il lustré ?
Bernard Chotil pour le Chotisier de Bernard. 
D’origine basque, marié à une brésilienne, amoureux de la langue française, auteur de recueils de poèmes, de chansons, de théâtre, d’aphorismes et textes divers, Bernard Chotil a placé son travail de créateur sous le signe de la recherche d’une harmonie entre mot et musique, parole et sens profond. 
A la fois subversive et fraternelle, tendre et humoristique, ludique et exigeante, son œuvre avance vers la simplicité et le dépouillement d’un quotidien vécu sans détour ni faux-semblant.
Alain Créhange pour Le pornithorynque est-il lustré ? Alain Créhange, écrivain originaire de Nancy, a rassemblé dans un seul ouvrage l’intégralité des mots-valises qu’il a inventés. Ce Nancéien d’origine, âgé de 47 ans, a regroupé dans un gros volume le contenu de ses deux précédents ouvrages, Le pornithorynque est-il un salopare et Le biblioteckel et l’anarchiviste
. Il y a une foule de réalités – êtres vivants, objets, situations – auxquelles il ne manque qu’un nom pour qu’éclate l’évidence de leur existence. Ainsi, comment désigner la maladie provoquant une volonté obsessionnelle de pousser un ballon au fond d’une cage munie d’un filet ? Ou un escargot qui fait des claquettes ? Ou encore une chute collective au cours du Tour de France ?
Heureusement, les mots-valises sont là pour pallier ces regrettables lacunes. Scorebut, Fredastairopode, Catacyclisme : et voilà que ces réalités sont désormais nommées.

Samedi 12 mars à 19 h 30: Lecture spectacle de Marianne Auricoste : Partisanes des grands chemins, autour de textes et de poèmes de femmes en révolte.
Marianne Auricoste est comédienne, poète et écrivain. Elle parcourt la France et l’étranger avec des choix de poèmes contemporains. 
Sa démarche se fonde sur le langage du corps, de la parole et de l’écriture.
Comédienne , elle porte la poésie sur les planches
Soirée des partisanes.
Parce que les femmes sont à l’honneur cette saison, je me suis rappelée qu’à une certaine époque, j’ai découvert avec passion les lettres de Rosa Luxembourg et que j’en ai fait un spectacle. Cette femme magnifique m’a bouleversée pour longtemps. Etait-elle poète ? Elle avait un don d’écriture qu’elle a exercé en prison avec bonheur.
Et j’ai songé à toutes ces femmes en révolte qui ont bâti une oeuvre. Des femmes soleil qui ont osé traverser, transgresser, se dresser contre des lois absurdes, des ségrégations, des interdits. 
Des femmes clairvoyantes, opiniâtres et fières qui ont pris leurs risques à travers l’écriture. C’est vers elles que je me suis tournée. Des femmes qui ont dépassé leurs états d’âme pour tailler un chemin dans l’arène du monde
S’il n’est pas de combat sans souffrance, il n’est pas de combat sans joie et c’est précisément cette énergie de la joie qu’il m’importe de mettre en lumière aujourd’hui.
Nous sommes tellement rassasiés de souffrance, la nôtre ou celle d’autrui, que nous en occultons l’autre face, le versant solaire, le défi et l’esprit de conquête.
Voilà ce qui a guidé mon choix : des écrits de femmes de tous les horizons qui nous incitent à demeurer vivants, à poursuivre notre chemin hardiment… des femmes debout dont la singularité et la foi sont de nature à bouleverser la littérature et les
conformismes. En un mot : des Partisanes.
Lecture – spectacle proposée par Marianne Auricoste. 
Poèmes et proses de : 
Marianne Auricoste, Esra Aykin, Myriam Ben-Tanella Boni, Andrée Chedid, Maryse Condé, Assia Djebar, Isabelle Eberhard, Anne Hébert, Annick Justin Joseph, Zineb Labidi
, Clarisse Lispector, Rosa Luxemburg, Véronique Tadjo, Dora Teitelboïm. 
Poésie populaire des femmes Pashtounes Landays d’exil recueillis par Say Bahodine Majrouh.

Mercredi 16 mars à 19 h 30 : Rencontre « l’imaginaire des langues de France et d’ailleurs » en compagnie de Lise Gauvin (pour L’imaginaire des langues avec Edouard Glissant et le colloque Les littératures de langue française à l’heure de la mondialisation) et Antoine de Gaudemar (pour la revue Riveneuve Continents). Cet ouvrage se propose comme une suite de haltes dans le parcours d’une oeuvre, celle d’Edouard Glissant, qui se déploie aussi bien dans le domaine du roman, de l’essai que de la poésie.
Comment concevoir le monde sans les notions indispensables de créolisation, d’opacité et d’errance qui sont à l’origine de ce que Glissant désigne comme la Relation, une Relation qui se dévoile aussi bien dans le registre du poétique que du philosophique.
Car il n’y a de pensée véritable, selon lui, que celle qui rejoint le poème, celui-ci étant « la seule dimension de vérité ou de permanence ou de déviance qui relie les présences du monde ».
C’est donc en poète que Glissant développe cette pensée archipélique qui est au coeur de ses essais et qu’il définit comme une pensée qui s’oppose aux pensées occidentales, associées aux pensées de système.
Il voulait saisir, au rebours des lectures coloniales, l’en-dessous de nos réalités pour faire émerger le vrai de nous-mêmes. Le vrai de notre histoire. Le vrai de notre espace-temps. Le vrai de notre rapport au monde.

Vendredi 18 Mars à 19 h 30 : Soirée débat « La société française et les cultures afros » avec les éditions Afromundi et Jerry Sanghami.  Afromundi est une jeune maison d’éditions qui ambitionne de faire connaître au grand public la richesse et la vitalité des cultures afros dans le monde.
En présence d’Anaïs Favre, pour « Métis, métisse, métissage : de quoi parle-t-on ? », de Serg Mokanda, auteur de Un Noir en colèr » et de Jordane Bertrand, auteure de Histoire des indépendances africaines et de ceux qui les ont faites. Avec Métis, métisse, métissage, Anaïs Favre fait le point, avec un souci de pédagogie, sur la question complexe mais passionnante du métissage, au cœur de la réflexion actuelle sur le « vivre ensemble ».
Dans sa lettre ouverte à Marianne, Un Noir en colère, Serg Mokanda a choisi de rompre le silence. Racisme, discriminations, stigmatisations, hiérarchisation des mémoires, compétition victimaire, tensions intercommunautaires, replis identitaires… Où va Marianne à ce rythme infernal, alors que ses enfants – TOUS ses enfants – sont censés vivre ensemble ?
Dans Histoire des indépendances africaines, Jordane Bertrand retrace les dynamiques politiques, sociales et culturelles qui ont animé le mouvement des indépendances africaines dans la diversité des cinquante-trois nations qui composent aujourd’hui l’Afrique. Dédié à tous ceux qui veulent en savoir davantage sur cette période charnière de l’histoire récente, aux personnes en quête de leur passé, aux passionnés d’histoire ou tout simplement aux curieux, ce livre se veut l’outil indispensable pour aborder et comprendre les étapes décisives qui ont abouti à la libération de tout un continent.

Le samedi 19 mars à 19 h 30, Lecture-rencontre autour de Jean-Sébastien Bach en compagnie de Jean Miniac, auteur de “Et ta main fermera mes yeux…” Bach, journal intime.
La date retenue nous rappelle que Bach est né au printemps, le 21 mars 1685. Ce journal imaginaire évoque des épisodes de la vie du compositeur, mais aussi sa conception de la musique, la genèse de son inspiration. J’ai largement puisé dans mon expérience d’organiste liturgique, exercée plusieurs années dans le nord de la France. La présence de la parole sacrée dans la musique de Bach a été beaucoup analysée. D’une certaine façon, ces textes se proposent d’opérer le cheminement inverse, et de traduire la musique en mots.
Ma lecture sera ponctuée d’intermèdes musicaux, essentiellement tirés de l’œuvre d’orgue.
De nombreux extraits de ce livre ont paru en revues, et, tout récemment, dans la revue Bleu d’encre, n° 24 (décembre 2010), située en Haute-Meuse.
J. M.
— Jean Miniac est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes et de proses, parmi lesquels Carmina, Chronique des esprits (Dumerchez), Histoire de nous (L’arbre à paroles), Une odeur perdue de la mer (Fayard). Il a également traduit du latin saint Jérôme, Prudence, Jacques de Vitry, et, en dernier lieu, de l’anglais, Toujours un compte à rendre et autres poèmes de Jimmy Carter (Buchet-Chastel). Il prépare actuellement un autre recueil de poèmes, Les oublies, à paraître en 2011 aux Cahiers de l’Adour, avec des lavis de Colette Deblé.

Mercredi 23 mars à 19 h 30: Lecture théâtrale « Les Yeux d’Elsa au siècle d’Aragon » avec les auteurs Dominique Desanti et Karin Müller en présence des comédiens Marie Christine Barrault et Charles Gonzalès et l’éditeur Frédéric Guéna.
« Tour à tour, Louis Aragon et Elsa triolet se racontent, de leur première rencontre à La Coupole en 1928, jusqu’à la mort d’Elsa dans leur moulin de Saint-Arnould en Yvelines.
Avec la complicité de Karin Müller, Dominique Desanti embarque le lecteur au coeur d’une passion -tout à la fois amoureuse, littéraire et politique. Le communisme, la Résistance, l’engagement, la vie à deux, la création littéraire, le succès, l’amour, tout est abordé sous la plume caustique de Dominique Desanti qui a bien connu le couple ambigu. »
Marie Christine Barrault et Charles Gonzalès liront les premières pages de ce texte.
Son éditeur Frédéric Guéna présentera sa jeune maison d’éditions.

Jeudi 24 mars à 19 h 30, Soirée cinéma avec la jeune réalisatrice Macha OVTCHINNIKOVA pour la projection de son court métrage la chambre d’après la nouvelle de Jean-Paul Sartre sur la folie . Les comédiens sont : Tristan Willmott, Claudine Jacquemard et Yves Coeslier. Après cette projection, les comédiens Ophélie Bazillou et Boris Gielbaum interpréteront des scènes de Huis clos de Sartre.
Le Mur (1939) est composé de cinq nouvelles qui présentent cinq types de marginaux: un condamné à mort (Le Mur), un fou (La Chambre), un déséquilibré sexuel (Erostrate), un impuissant (Intimité) et un pédéraste (L’Enfance d’un chef). Cette galerie de personnages « nauséeux » produit une atmosphère étouffante, à laquelle il semble impossible d’échapper.
Le thème central et commun à ces nouvelles est cette impossibilité de fuir le cercle fermé de l’existence, qui apparaît « emmurée ».
L’essence de l’homme, le caractère de l’homme, sa spécificité doivent donc être construits dans sa manière d’exister, dans la façon dont il conduit son existence. La relation de l’homme avec le monde extérieur, le pour-autrui, est donc déterminante.

Vendredi 25 mars à 19H30, Soirée « Premiers romans » : entre écriture romanesque et écriture poétique avec les éditions Aux forges de Vulcain, en compagnie de David Meulemans, directeur de la collection « Littératures », de Jérémy Nabati, auteur de Question de l’être et beauté féminine et de François Esperet, auteur de Larrons.
Dans « Question de l’être et beauté féminine », Jérémy Nabati rapporte les aventures cocasses et poétiques d’Aldo, un jeune homme pensif mais pas mélancolique, qui courtise Flora, une jeune femme. Cette histoire d’amour offre l’occasion de s’émanciper des codes du récit amoureux classique pour s’élancer vers la poésie, l’humour et un lyrisme (un peu) surréaliste, écho de Vian, Queneau et Perec.
Le livre de François Esperet, « Larrons », est un long poème épique formé de quatre chants. Chaque chant est le monologue d’un larron de notre temps, petite frappe ou grand seigneur de la nuit, vivant de forfaits, d’embrouilles ou de crimes éclatants.
Entre roman et poème, ces deux ouvrages questionnent la limite des genres.
David Meulemans nous parlera également des autres livres de la collection Littératures, en attendant la soirée du vendredi 8 avril consacrée aux traductions chez le même éditeur, Aux forges de Vulcain.

Samedi 26 mars à 19 h 30, Soirée poésie en compagnie de 4 poètes Maurice Cury, Hédi Bouraoui, Sylvie Biriouk et Eric Sivry. Présentation de la revue Intuitions et des éditions D’Ici et D’Ailleurs.

Mercredi 30 mars à 19 h 30, Soirée autobiographie, par l’association Pour l’Autobiographie APA et le patrimoine autobiographique, animée par Nicole Lamboley sera consacrée au thème : « Les objets d’une vie : les jeter ou les sauver ? » Avec la participation de Marie-Claire Hériche, Sylvie Jouanny, Hubert Lesigne et Paule Lunven et la présence amicale de Philippe Lejeune.

Exposition du lundi 28 mars au 16 avril 2011 « Couleurs de mots ». Peintures d’un collectif, Annie Brethomme, Daniel Château, Michel Cornillon, Pierre Dotter, Jeannine Guillemot, Françoise Namy et Catherine Weil, accompagnant des poèmes d’Emmanuelle Veil. Vernissage le 31 mars à 18 h, lecture de poèmes à 19 h 30 suivi d’un buffet.

Le collectif « Peindre au Cinq »
Les artistes : Annie Brethommé, Daniel Château, Michel Cornillon, Pierre Dotter, Jeannine Guillemot, Françoise Namy, Odile Taieb, Catherine Veil. Notre collectif s’est formé fin 2008, à l’ouverture du 104 qui proposait, grâce à la structure du 5 (5 rue Curial), un accès aux habitants du quartier.
Notre fréquentation de l’école des Beaux-Arts de la Ville de Paris nous a réunis et nous voulions continuer une pratique artistique de peinture, en groupe, dans notre quartier. Nous désirions favoriser les interactions entre nous, les associations fréquentant le 5, et les artistes en résidence au 104.
Le 5 a retenu notre projet dès son ouverture. Cette pratique interactive dans le cadre de notre collectif Peindre au 5 nous a enrichis non seulement dans notre travail mais aussi personnellement.
Par exemple, lors de certaines séances, nous avons choisi de peindre la même nature morte, ou d’en créer une à partir d’un nombre limité d’objets virtuels choisis en commun, nous avons aussi dessiné des danseurs s’entraînant au 5, … etc.

Nous avons exposé en novembre 2009 à la Mairie du 19e, en avril 2010 au café-restaurant 25°Est. Nous avons produit une brochure de poèmes illustrés Couleurs de Mots en décembre 2010. Les artistes du collectif « Peindre au 5 », basé au 104 rue d’Aubervilliers, publient, en ce début 2011, un livret intitulé Couleurs de mots, dans lequel ils ont disposé en miroir leurs tableaux et les poèmes qui les ont inspirés. Ces textes que j’ai écrits lorsque j’avais vingt ans, initialement parus aux Éditions du Cardinal*, forment une trilogie qui va de la fausse naïveté à l’humour noir en passant par des sentiments primitifs. Nous fêterons, jeudi 31 mars à la Lucarne, la sortie de l’ouvrage autour d’un buffet. Vernissage des peintures à 18 h, puis à 19 h 30, Pierre Dotter interprétera quelques poèmes, accompagné de Jeannine Guillemot.
E. Veil * Trois recueils : Cartouche (1994), Rouge (1997) et Bornéo (2000)

Emmanuelle Veil est journaliste, elle a débuté à L’Express avant de bifurquer vers la presse satirique : Charlie Hebdo, Siné Hebdo. Elle écrit en ce moment un premier roman.

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