Octobre 2009

2009-10-Cordula Tremi-2Du 26 octobre au 14 novembre 2009 : exposition de photos de Cordula Treml, « Avant la scène, portraits de comédiens ». Vernissage mercredi 28 octobre à partir de 18 h 30 avec une performance de la danseuse coréenne PARK Hwa-Kyong accompagnée du saxophoniste Claude Coupat.

Cordula Treml est une jeune photographe allemande dont c’est la toute première exposition. Elle est venue à Paris pour soutenir une thèse sur « L’histoire européenne du Théâtre de l’Odéon au 20e siècle ». On peut regretter que cette thèse originale n’ait jamais vu le jour, mais l’amour du théâtre, lui, n’a jamais quitté Cordula. Il s’est encore enrichi au contact d’une troupe d’avant-garde, celle Serge Noyelle et Marion Coutris au Théâtre de Châtillon. C’est d’ailleurs là qu’on lui a pour la première fois demandé de prendre des photos, et elle n’a jamais cessé depuis. Elle a choisi comme lieu d’observation privilégié les loges et leur décor déjà très théâtral, avec leurs petites lumières bordant les miroirs. Elle a fixé cette mystérieuse métamorphose d’une personne ordinaire en une actrice ou un acteur s’imprégnant lentement du personnage dont ils vont jouer le rôle. Et elle a aussi photographié l’étonnante différence entre un visage en train de se maquiller et son reflet dans le miroir. Une autre qualité des photos de Cordula Treml résulte de sa façon discrète d’approcher ses « sujets ». Il ne s’agit pas d’inconnus mais d’amis. Aucun d’eux ne s’inquiète de la voir prendre une photo ni ne regarde de face son objectif. Elle est comme transparente, très proche en étant très loin. Elle capte la magie d’avant la scène, celle qui précède même l’atmosphère des coulisses avant le lever du rideau. Elle photographie cette sorte de sas de décompression que sont les loges. C’est là où les acteurs se débarrassent des scories de la vie quotidienne pour pénétrer dans une sorte d’espace idéal, celui des symboles et de la représentation. Un dernier mot sur son usage de la couleur. Ce même sujet a été brillamment exploité par un photographe anglais (Simon Annand – The Half). Traités exclusivement en noir et blanc, les visages et les poses qu’il saisit dans le décor des loges ont un caractère dramatique et mystérieux. Cordula Treml parvient, elle aussi mais cette fois en couleurs, à approcher et à communiquer cet intrigant mystère – les instants d’avant la scène.
Les coulisses du théâtre, de la littérature ou de l’histoire suscitent autant de fascination, de réflexions que d’interrogations dans la mesure où l’on imagine que les dessous sont plus intéressants que les dessus. Et pourtant, l’exposition de photographies et les deux rencontres de cette semaine à la Lucarne des Ecrivains semblent bien l’illustrer.
(Marc Albert-Levin)

« Cordula Treml a choisi comme lieu d’observation privilégié les loges et leur décor déjà très théâtral, avec leurs petites lumières bordant les miroirs. Elle a fixé cette mystérieuse métamorphose d’une personne ordinaire en une actrice ou un acteur s’imprégnant lentement du personnage dont ils vont jouer le rôle. Et elle a aussi photographié l’étonnante différence entre un visage en train de se maquiller et son reflet dans le miroir. » (Marc Albert-Levin)

Jeudi 29 octobre à 19 h 30 : « Jean Rouaud, le trésor des humbles » en présence de l’écrivain Jean Rouaud, rencontre animée par Claude Herzfeld.

« À l’œuvre de Jean Rouaud semble s’appliquer l’expression de Maeterlinck : « trésor des humbles ». Dans l’un des livres de Rouaud, le narrateur nous dit de sa mère qu’elle a pris une fois pour toutes le parti des humbles, des plus modestes. Et l’écrivain déclare : « J’ai trouvé insupportable qu’on parle avec mépris de petites ou de moyennes gens. Il y a une ligne de l’intolérable à ne pas dépasser qui s’appelle la dignité humaine. »

Claude Herzfeld explorera pour nous, en compagnie de Jean Rouaud, les coulisses de son oeuvre qui s’inscrit dans une tradition allant de Dostoïevski à Georges Hyvernaud, en passant par Octave Mirbeau, Charles-Louis Philippe, Emile Guillaumin et Alain-Fournier. »

Vendredi 30 octobre à 19 h 30 : « Yasser Arafat, intime » avec sa biographe espagnole Isabel Pisano et l’éditeur Arno Mansouri des éditions Demi-Lune, à l’occasion du cinquième anniversaire de sa mort.

« Après la mort du leader palestinien, Isabel Pisano s’est décidée à raconter l’histoire de Yasser Arafat, en décrivant avec précision la véritable personnalité de cet homme qu’elle a connu dans l’intimité : un leader marqué par le destin de son peuple… De manière personnelle et souvent drôle, Isabel Pisano décrit les coulisses du pouvoir palestinien, son entourage, les enjeux, les trahisons, les souffrances comme les échecs du leader, apportant une perspective entièrement différente sur un homme politique qui a marqué l’un des plus vieux conflits au monde. »

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À partir du 21 septembre et jusqu’au 10 octobre 2009 : « Points sur la ville », Photographies d´Olivier Lamboley.

Soirée d’actualité, soirée d’inactualité à la librairie La Lucarne des Écrivains cette semaine, où l’on pourra rêver et se révolter, écouter ou parler à travers les rencontres. On vous y attend !

Jeudi 1er octobre à 19h30, « EXCLUONS L’EXCLUSION » à partir des ouvrages publiés par Le cavalier bleu, « Mythologie du Sans-Papiers » de Smaïn LAACHER, « Mythologie des cités-ghettos » de Jean-Marc STEBE et Hervé MARCHAL », en présence des auteurs.

le premier livre analyse le « mythe » de l’étranger indésirable, pour un jour ou pour toujours, qui participe cependant aux fondements culturels d’une nation. Comment le Sans-papiers et l’Etat s’accommodent-ils, chacun, du légal et de l’illégal ?
Le second nous dresse la géographie d’un autre « mythe », les cités-ghettos des banlieues et des périphéries, celles aussi à travers l’histoire, du ghetto de Varsovie aux ghettos noirs américains, instrumentalisées par les hommes politiques ou les médias.

Vendredi 2 octobre à 19 h 30 : SOIREE BORBOTRUC, à travers la revue BORBORYGMES, avec des lectures musicales animées par Guillaume CESBERT, Amandine DUFOUR-GALANTE, Michela ORIO et Bertrand RAVALARD au piano, Gilles BESSOU à la guitare.Soirée de lectures toujours remarquables car interprétées par des comédiens qui jouent savamment et avec saveur de l’instrumentalisation de leurs voix elles-mêmes rehaussées ce soir d’un pianiste et d’un guitariste. On y découvrira des textes de Zéno Bianu, Jean-Claude Pirotte, Patrick Aveline, Julien Derôme (l’animateur de Borborygmes) ou la dépêche assassine de Cécile Brisson, ainsi que les encres de Nikola Kapetanovic.

Actualités inactuelles, quoâ !

Le 9 octobre 2009 à 20 h : une Soirée lecture, Le silence de la nuit , textes de Bruno Sillard.
On pourrait le croiser, une canne à l´épaule, un pécheur d´images à la ligne, avec au bout de sa canne un appareil numérique. Olivier pèche au lancer. Il quadrille de ses lignes, en une dizaine de photos, un paysage, qui, dans sa cuisine secrète va en devenir un autre, presque un trait dans l´espace.

Un panorama que l´on croit connaître, que l´on reconnaît, et qui pourtant n´existe pas. Si, peut-être à travers les multiples yeux d´une mouche dont il paraît qu´elle voit sur 360°. Olivier un pécheur à la mouche qui nous fait voir des bandes de paysages urbains où la Grande Bibliothèque se transforme en une des tours Trump à New York, où la Tour Eiffel nous entraîne en un délicieux Franch Cancan et où le Palais Royal devient un panorama abstrait à rendre jalouses les colonnes de Buren. Des bandes de paysages aussi, qui surveillent la ville à travers ses meurtrières verticales et horizontales.

On se prend à rêver, quelle beauté découvrira-t-on le jour où ces meurtrières s’ouvriront aux mystères cachés de quelques chambres noires ?
B. S.

Spectacle ! Spectacles ! Spectacles !
Trois fois spectacles cette semaine à La Lucarne des Ecrivains, spectacle de chansons, de poésie, de lectures musicales pendant trois soirées consécutives en compagnie d’une interprète et parolière, d’un poète et d’un photographe, d’une comédienne et poète qui vous convieront chacune et chacun à leurs créations et leurs récréations.

Jeudi 8 octobre 2009 à 19h30 : « POESIES ET CHANSONS FRANCAISES » interprétées par Laurence FOSSE. En première partie,Robert DESNOS, Jean PREVOST, Jacques PREVERT, Jules SUPERVIELLE, Charles CROS, Jean RICHEPIN, René de OBALDIA, Christian GROS et Maurice ROLLINAT.
En seconde partie, les chansons réalistes, émouvantes et croustillantes de Laurence FOSSE. Entrée libre, passage du chapeau en fin de spectacle suivi d’un buffet.

Vendredi 9 octobre à 19 h 30 : LECTURE POETIQUE « Le silence de la nuit » de Bruno SILLARD avec pour lectrice FOUBITOC, en clôture de l’EXPOSITION de photographies panoramiques d’Olivier LAMBOLEY. Poèmes urbains, poèmes d’errance, poèmes lyriques, Bruno SILLARD nous a habitué dès son premier recueil, World Movies, accompagné de tableaux de Virginie TRANSON, a une atmosphère de demi-monde et de demi-vie où règnent la peur et la torpeur.
Dans « Le silence de la nuit », on retrouve ces anecdotes poétiques mélangés de poèmes, une sorte de Mac Orlan ou d’Apollinaire contemporain renouant avec le réalisme rêveur sinon moqueur, le tout agrémenté d’une typographie et d’une mise en page rappelant les néons, la nuit :

« À travers la vitrine d’un bar à vin, on voyait des tables, des verres à moitié remplis. Six personnes discutent ensemble, elles parlent, le ton semble sérieux. Au bout de la tablée, un homme rit, il tourne le dos aux autres. Sept amis, huit avec le téléphone. » (Portable)

Samedi 10 octobre à 19 h 30 : « IMAGINE », LECTURES POETIQUES ET MUSICALES avec Armelle CHITRIT. Textes et voix accompagnés à la guitare par Paul Dayan

« Entre rêve et révolte, du quotidien au merveilleux, de la parole au chant, Armelle CHITRIT propose ici une petite forme issue de son écriture : « Kanutshuk », « Pas question », son Desnos et quelques inédits… Le montage de ses propres textes laisse aussi place à l’interprétation de grands morceaux d’anthologie : ici d’Arthur Rimbaud à John Lennon, en passant par Edmond Jabès, Robert Desnos, Paul Verlaine. » Entrée libre, passage du chapeau en fin de spectacle suivi d’un buffet.

Soirée L’Echappée Belle au Belushi’s Café pour réunir nos mains fraternelles !
159 rue de Crimée au bord du canal de l’Ourq, 75019 Paris

Le 12 octobre 2009 à 19 h jusqu’à 2 h.

Rouge, or, plumes
mêlent et tissent les fils
L’automne danse

florence

Anne Buyle présente la table ronde des artistes

Michèle Rouhet, conteuse et photographe
Bruno Doucey , poète, directeur des éditions Seghers
Et Mourad Melki, guitariste faiseur de chansons

La soirée sera suivie d’un buffet apporté par vos soins et d’une soirée dansante animée par Frédéric Kustner. L’entrée de la soirée est libre mais le bar sera payant

« Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie » Tchouang-tseu

Mercredi 14 octobre à 19 h 30 : CRISE, SOCIETE ET CAPITALISME avec Maurice CURY pour « La Barbarie sans visage (Les Torquemada du capitalisme) »(Le Temps des Cerises), et Maurice RAJSFUS pour « Candide n’est pas mort » (Le Cherche Midi) « La barbarie n’a plus le visage d’un tyran sanguinaire ou de hordes sauvages déferlant sur les empires civilisés. Aujourd’hui, certains prétendent que la barbarie viendrait du proche ou du lointain orient. Cette barbarie-là s’est construite en réponse à une autre, bien plus insidieuse et dévastatrice, une barbarie sans visage, la barbarie capitaliste, la barbarie néo-libérale et mondialisée. » (Maurice Cury)

Jeudi 15 octobre à 19 h 30 : OCTAVE MIRBEAU, MARGUERITE AUDOUX : DEUX ECRIVAINS (PRESQUE) OUBLIES présentés par Claude HERZFELD et Bernard-Marie GARREAU. Octave MIRBEAU (1848-1917) est encore connu par deux titres, « Le journal d’une femme de chambre », et le ténébreux « jardin des supplices ». Ses Oeuvres romanesques en trois forts volumes, comme ses contes et nouvelles réunis sous le titre « Contes cruels », sont là pour montrer la diversité de sa trajectoire littéraire que Claude HERZFELD, le grand spécialiste à l’air bonhomme et savant, accompagnera. « MIRBEAU fait naître l’étincelle de la conscience et de la révolte, en nous révélant les hommes et la société dans toute leur cruauté. » Marguerite AUDOUX (1863-1937)connaît le succès grâce à son livre Marie-Claire (suivi de L’Atelier de Marie-Claire) où, « à travers son enfance de bergère en Sologne, donne la parole à un petit peuple qui ne l’avait jamais eu. » Bernard-Marie GARREAU nous la racontera.

Vendredi 16 octobre à 19 h 30 : LE MYSTERE GUITRY en présence de Dominique DESANTI pour « Sacha GUITRY, itinéraire d’un joueur », entretien avec Karin MULLER (Arléa)Sacha GUITRY. Dominique DESANTI avait déjà exploré l’univers de Sacha GUITRY dans une biographie exhaustive il y a vingt-cinq ans. Aujourd’hui, cette grande dame récidive avec Karin MULLER pour essayer de comprendre le mystère GUITRY. « Comment Guitry a-t-il pu rester, pendant ses cinquantes années de succès, aussi mperméable aux bouleversements politiques de son temps et aux évolutions de l’art dramatique ? »

Samedi 17 octobre à 19 h 30 : SOIREE DISSONANCES à travers la revue DISSONANCES, « revue pluridisciplinaire à but non objectif ». Cette revue littéraire, grand format illustrée en noir et blanc, nous présente une multitude d’auteurs et de textes contemporains. Jean-Marc FLAPP et l’équipe de DISSONANCES expliquera l’itinéraire singulier de cette revue suivi de lectures de textes par leurs auteurs.

Mercredi 21 octobre à 19 h 30 : « Soirée verso » autour de la revue littéraire lyonnaise VERSO, son animateur Alain Wexler et 4 auteurs : Anne-Lise Blanchard ; Marie-Véronique Buntzly ; Rodolphe Olcèse ; Stéphanie Oudin.

Deux femmes cette semaine, deux femmes à La Lucarne des Écrivains viendront défendre leur univers ou leurs idées, l’une dans la sphère légère de la poésie sonore, l’autre, venant du Québec, à travers la gravité et le courage de ses
engagements.

Jeudi 22 octobre 2009 à 19 h 30 : « Poésie et jeu » avec Carole Kahn pour La vie tient à un signe au Jardin d’Essai suivi d’un « Hommage à Henri Chopin ».

« Par son alphabet et grâce au signe qui se fait lettre puis mot », Carole Kahn explore de manière ludique la formation des corps, en l’occurrence de la matière qui peu à peu, son après son, mot après mot, finit par faire sens. Poésie sonore ? Toute poésie est en réalité sonore, puisqu’elle est faite pour être dite ou chantée. Si elle a été écrite, ce n’est que pour lui vouer une existence durable. En inventant la poésie sonore, des artistes comme Henri CHOPIN et Bernard Heidsieck n’ont fait que lui redonner sa place orale qui n’attendait que la technique adéquate – dont les slameurs sont les justes héritiers.

L’auteur rendra également hommage à Henri Chopin, décédé le 5 janvier 2008, en nous donnant à entendre quelques extraits de l’œuvre de l’initiateur et de l’un des grands représentants de la poésie sonore en France comme à l’étranger, éditeur de la revue OU, auteur de nombreux ouvrages. Parmi eux, Les riches heures de l’alphabet (éd Traversière) »

Samedi 24 octobre à 19 h 30 : « Féminisme et  islamisme » avec Djemila Benhabib pour Ma vie à Contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes.

Née en Ukraine d’un père algérien et d’une mère chypriote grecque, elle a connu les soubresauts de l’histoire dès l’âge de deux ans sous les bombardements de Chypre par les Turcs en 1974, la barbarie islamiste en Algérie jusqu’à vingt-deux. A quatre ans elle parlait parfaitement russe avec ses parents, grecque avec ses grands-parents, arabe avec sa tante et français avec sa meilleure amie.
« J’étais un chaînon entre l’Orient et l’Occident, entre l’islam et la chrétienté… J’étais la somme de toutes ces identités qui se complétaient comme les cordes d’un luth. »
Réfugiée en France puis au Québec, elle mène un combat pacifique mais résolu contre ces hommes qui assujettissent les hommes et surtout les femmes usulmanes, au nom d’un dieu dévoyé par le meurtre, l’ignorance et la terreur. »Ce qui dérange les islamistes, c’est le sexe des femmes, leur corps, leur liberté. » D’une plume ferme, elle fustige les incohérences et les lâchetés occidentales jouant avec le feu, tout en défendant la laïcité dans un espace du « vivre-ensemble ». Son point de vue global et mondial permet de cerner l’ensemble du phénomène islamiste et l’impact sur les populations grâce à son expérience sur le terrain.
Une femme exceptionnelle pour une soirée où nous vous attendons nombreux.
http://www.djemilabenhabib.com

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