Septembre 2009

Et voili voilà, et voilà voili, c’est reparti mon kiki !
Fini le farniente, la dolce vita, le dilettantisme et autres mots italiens, voili voilà nos chers embouteillages bien embouteillés, nos collègues enfarinés, une rentrée des classes sensass, le bronzage déjà en berne et le retour à la case départ – sans même recevoir ses 20 000 euros ! À moins que – petits malins – vous vous évadez maintenant, à Lausanne ou Taïwan, Vannes ou La Havane, chez Jeanne, Yann ou Roxane (ah! les dictionnaires de rimes…), pendant que d’autress’échinent à gogo à leurs bureaux.
Quoi qu’il en soit, dans Paname et à La Lucarne des Écrivains, cela revient enfin mes copains, et nous vous convions, en cette première semaine de rentrée littéraire,
vers l’art et la fantaisie, afin que vous gardiez quelques couleurs de vos lectures, plages ou rencontres amoureuses qui ont parsemé votre existence ces dernières semaines…

Vendredi 4 septembre 2009 à 19 h 30 : soirée « Fantaisie et littérature», avec Jeanne Cordelier, Chantal Legendre et Vincent Wackenheim.
Les deux premières nous présenteront un ouvrage haut en couleurs : Les aventures de H, sans manche.
Jeanne Cordelier, l’écrivain, nous dévoile une facette d’elle-même très différente de son livre le plus célèbre, La dérobade. Là, on trouvera son goût saute-moutonnier et primesautier pour l’à-peu-près, la cabriole, l’association libre surréalisante, sous formes d’historiettes d’une page où l’on déboule du coq à l’âne, que ne renieraient pas un Philippe Soupault et un marquis de Bièvre. H, le Héros, envoie des lettres nous narrant, en se marrant, un peu tout ce qui lui passe par la tête d’histoires trépidantes ou de scènes intérieures à la va-comme-je-te-pousse.
Chaque texte est accompagné de monotypes aux couleurs vives de Chantal Legendre, (qui avait exposé ses « mots cristal », c’est-à-dire des tableaux de verre, à La Lucarne en juin 2007).
Vincent Wackenheim, dans la Revanche des otaries » au Dilettante (tiens ! tiens !), se livre à une facétie littéraire biblique : l’Arche de Noé revisitée par deux passagers clandestins, à savoir deux dinosaures anarchisants. À partir de cette « trouvaille », le récit de la Genèse va en être considérablement perturbé, et l’histoire du monde, à l’instar d’une uchronie animalière, devient
particulièrement diabolique…

2009-09-idumaDu 31 août au 19 septembre 2009 : exposition  d’Iduma. Vernissage samedi 5 septembre avec, à 18h, une installation suivie d’une performance picturale sur la façade de la librairie !
Mais laissons la parole à l’inénarrable (et néanmoins narrateur) Marc Albert, présentant Isabelle Dumas dite Iduma :

 « Iduma peint depuis qu’elle est toute petite. Pour elle, les terres inconnues se découvrent avec une toile, des couleurs
et des pinceaux (…) Sur le plan purement plastique, ce qui m’intéresse dans le travail d’Iduma, c’est que j’y vois de constants recadrages, une variation du cadre destinée à mettre en valeur les
figures qu’il encadre. Les sujets sont parfois puisés dans certains aspects tragiques de la condition humaine (« Femme de Barbe Bleue » ou « Skopje », des images de femmes et
d’enfants de la minorité roumaine incarcérés en 1995 en Macédoine). Pourtant, malgré la hideur de certains sujets, grâce à son sens de la couleur, les toiles d’Iduma ne sombrent jamais dans la laideur. Elle les traite comme les portraits des membres de sa propre famille. Ses peintures fixent les idées, ce sont des jalons pour la mémoire. « 

Enfin, si vous avez des bouquins qui encombrent votre chambre ou votre cave, profitez de votre visite pour nous les apporter… Ils permettront de financer nos prochaines soirées et feront des heureux !

 Armel Louis

Mots d’amour, amour des mots, binôme qui agite la création de tous temps et qui agitera cette semaine la Lucarne des Écrivains, en votre compagnie nous l’espérons, ces jeudi 10 septembre pour une soirée Léo Ferré, vendredi 11 septembre et une séance d’atelier d’écriture, enfin samedi 12 pour une
rencontre sur la guerre des sexes ! On y va ?

D’abord jeudi 10 septembre 2009 à 19 h 30 : « Léo Ferré à travers son œuvre », conférence avec Colette Brogniart (http://colette.brogniart.free.fr/).
Colette Brogniart a bien connu pendant vingt ans Léo Ferré, de 1973 à la mort de l’artiste. Elle le rencontre à la suite de sa thèse sur Léo Ferré – une première en France – puis en l’accompagnant dans plusieurs de ses tournées européennes. Elle parcourt intimement son œuvre et son amour des mots, ne se résumant pas seulement par ses chansons.
Inventeur avant l’heure de l’autofiction (dans Benoît Misère) voire du slam ou du rap, Léo Ferré est un poète doublé d’un poéticien d’une richesse de style comme de continu qui le rend inclassable. À travers différentes thématiques, Colette Brogniart explore pour nous le continent Ferré et ses approches sur le langage face à la société.

Vendredi 11 septembre 2009 à 19 h 30 : soirée « Atelier d’écriture », avec Isabelle Buisson, animatrice de l’atelier d’écriture A la Ligne (http://alaligne1.free.fr/).
L’an dernière, Isabelle BUISSON avait partagé avec nous sa « roue de l’écriture » où chacun pouvait s’adonner à des exercices textuels.
Ce soir, trois participants liront le résultat d’une année d’atelier, avant qu’Isabelle nous présente A la Ligne et s’exerce avec vous ses mots d’amours…
 Une façon ludique de pratiquer, en compagnie d’Isabelle BUISSON, l’école buissonnière…

Enfin samedi 12 septembre 2009 : soirée « La guerre des sexes » avec Pierre Merle et Sarah Mostrel.
On connaît le beau brun Pierre Merle pour son amour des mots, ses nombreux livres sur le langage et l’argot, ainsi que ses chroniques dans chaque numéro de La gazette de La Lucarne. Capable du meilleur comme du pire, il nous présente ce soir le pire : son Bréviaire du misogyne (l’Archipel). Se défendant bien entendu d’en être, le beau Merle nous débitera le parler politiquement incorrect de son essai, avant de nous asséner les pensées incorrectes des autres sur ce sujet tendancieux.
On connaît moins la belle blonde Sarah Mostrel pour ses mots d’amours. Poétesse sous le pseudonyme de Sarah Naor (La caresse de l’âmeLa rougeur des pensées) et nouvelliste (« Attentat à la pudeur »), elle va essayer de contrecarrer le beau Merle avec son essai « Osez dire je t’aime » sous-titré : « Le secret des couples épanouis ».
Question : Un misogyne peut-il dire je t’aime ?
Question : Un beau brin peut-il dire je t’aime à un beau brun ?
Question : Le martinet supplante-t-il le rouleau à pâtisserie ?
La suite de la guerre des sexes ce soir.
Définition.
Maux d’amour :
amour des maux.
Bonnes bédés et belles balades, ça vaut bien « le débit de l’eau, le débit de lait » de Charles Trenet, non ? Bonnes bédés des « Bêtes », donc, pas si bêtes que ça, et balades en goguette avec Guy Goffette, cette semaine à La Lucarne des Écrivains.



Jeudi 17 septembre à partir de 19 h : soirée « Bandes dessinées » avec François Roussel pour la série « Des bêtes » en présence du bédéiste et de son éditrice Jeannine DE CARDAILLAC (Max Millo jeunesse).
Belle trouvaille que ces trois albums, récompensés par le prix humour de Chambéry, dans lesquels on trouve à chaque planche un gag dans la lignée du Chat de Gelluck. Mais pas de héros tranquilles ni de zéros méchants, juste des personnages animaliers insolites qui reviennent de manière cyclique pour montrer notre part animale. Ca va des cafards John et Hervé qui introduisent la série, l’ours ou la fourmi rouge Jean Emmanuel – à l’ornithorynque Yannick, au piranha et au raton Diego, caractérisés chaque fois par une pulsion ou une obsession. Des Bêtes pas si bêtes à l’instar de ce singe qui fait forcément le singe pour la satisfaction d’un couple d’humains moyens, pendant que d’autres leur font les poches. Un monde autobiographique, affirme François ROUSSEL dans une vidéo, qui nous montre un arche de Noé inattendu.

VENDREDI 18 septembre à 19 h 30 : « Ballades littéraires en France » autour de la collection « Sur les pas des Écrivains » aux éditions Alexandrines (www.alexandrines.fr) en présence de 
l’éditrice Marie-Noëlle Craissati, avec le poète et romancier Guy Goffette.
Depuis dix ans, ces guides littéraires nous font lire la France d’une manière simple et originale. Chaque région ou département traité nous permet de découvrir intimement un territoire au prisme des écrivains locaux ou nationaux ayant marqué les lieux. Ainsi « Balades dans les Ardennes », présentée par Marie-Noëlle CRAISSATI et préfacée par Guy Goffette, nous invite à marcher dans les pas de Rimbaud, d’André Dhôtel, de Michelet ou de Taine, mais aussi de Verlaine, Daumal, Velter, Frédérick Tristan ou même Gracq, sans parler d’inconnus (pour moi) comme Yanny Hureaux, Jules Leroux et Paul  Drouot, au travers des villages aux noms magiques comme merveilleux tels Boult-aux-Bois, Saulces-Monclin, Ville-sur-Lumes, Boulzicourt…
En seconde partie, nous découvrirons l’oeuvre subtile de Guy Goffette qui mêle la sensualité, la douceur, le fantasme, le rêve au contact d’une prose poétique, d’une géographie intimiste se jouant d’elle-même, comme dans son dernier récit « Presqu’elles », ou bien d’une création débordante d’amour, celle du peintre impressionniste Pierre Bonnard pour son modèle et amante Marthe, dans « Elle, par bonheur, et toujours nue ».

2009-09-Lamboley pointssurlaville-À partir du 21 septembre et jusqu’au 10 octobre 2009 : « Points sur la ville », photographies d´Olivier Lamboley. Le vernissage aura lieu le 23 septembre 2009 à partir de 18 h 30 et le 9 octobre 2009 à 20 h, une Soirée lecture, Le silence de la nuit , textes de Bruno Sillard.
On pourrait le croiser, une canne à l’épaule, un pécheur d´images à la ligne, avec au bout de sa canne un appareil numérique. Olivier pèche au lancer. Il quadrille de ses lignes, en une dizaine de photos, un paysage, qui, dans sa cuisine secrète va en devenir un autre, presque un trait dans l´espace. 

Un panorama que l´on croit connaître, que l´on reconnaît, et qui pourtant n´existe pas. Si, peut-être à travers les multiples yeux d´une mouche dont il paraît qu´elle voit sur 360°. Olivier un pécheur à la mouche qui nous fait voir des bandes de paysages urbains où la Grande Bibliothèque se transforme en une des tours Trump à New York, où la Tour Eiffel nous entraîne en un délicieux French Cancan et où le Palais Royal devient un panorama abstrait à rendre jalouses les colonnes de Buren. Des bandes de paysages aussi, qui surveillent la ville à travers ses meurtrières verticales et horizontales. 

On se prend à rêver, quelle beauté découvrira-t-on le jour où ces meurtrières s´ouvriront aux mystères cachés de quelques chambres noires ? 
B. S.

À quoi bon ? À quoi bon des poètes, de la belle ouvrage ? À quoi bon des livres ou des revues littéraires soigneusement écrits et imprimés, si les auteurs et leurs oeuvres sont superbement ignorés des gens de pouvoirs ou de médias, de la société tapageuse ? A quoi bon ? Un œil navré sur un magazine racoleur ou un quotidien parisien relativise cependant les centres d’intérêt supposés des lecteurs moyens. Qui se souviendra de ces faits divers ou politiques, demain ou après-demain ? À La Lucarne des Écrivains, nous faisons le pari contraire – sans aucun élitisme – que la poésie et la littérature, orale ou écrite, apportent bien plus -et durablement- pour chacun que ces lectures jetables, ces agitations journalistiques, ces paroles décérébrantes.
Trois soirées cette semaine ont été préparées dans cet esprit.

Jeudi 24 septembre à 19 h 30 : « Poésie méditerranéenne » avec le poète algérien Malek Alloula pour son recueil Approchant du seuil ils dirent aux éditions Al Manar. L’auteur évoque ici l’une des principales pratiques rituelles propres à l’islam populaire et liées au culte des saints. Ce texte essaie de restituer un dialogue très particulier qui se noue entre le pèlerin et le saint : « ils dirent nous voici ô saint avançant vers toi et notre hâte notre fébrilité se dissolvent pour puiser en nous-mêmes dans notre solitude notre désarroi nos malheurs aussi la force d’âme qui t’agrée et doit habiter ceux qui t’aiment et approchent de ton seuil dans l’équanimité confiante de la vertu avérée. » (Malek Alloula)

VENDREDI 25 septembre 2009 à 19 h 30 : « Soirée Latinos », avec les trois poètes colombiens Myriam MONTOYA, Eduardo GARCIA AGUILAR, Jorge TORRES MEDINA et les éditions L’Oreille du Loup. A travers les recueils en français et espagnol de ces trois auteurs, nous découvrirons des univers poétiques venus d’Amérique latine, ainsi que les autres publications de l’éditeur, souvent bilingues (principalement hispanophones) :
« Tes oreilles paraboles profondes
qui dans le silence de l’escargot
gardent les secrets
Elles devinent parmi le bruit le doigté
et les radars silencieux
le craquement des glaces relâchant les rivières
Hommes femmes enfants
qui défilent à travers les avenues
choeurs sauvés du massacre
Tes oreilles s’ouvrent
au fracas de la vie »
(Myriam MONTOYA, tiré de Traces/Huellas)

Enfin, samedi 26 septembre à 19 h 30 : « Soirée littéraire » avec la revue Fario. Présentation de l’écrivain suisse romand Gustave ROUD pour son recueil Le Repos du Cavalier.
« Qu’est-ce qu’une revue ? Compagnie, élection, désirs, hasards. Tout cela ensemble, dans le désordre, et dans l’ordre, les affinités, les dissemblances. Qu’est-ce qu’une revue littéraire aujourd’hui ? Bien peu, il semble, dans le vacarme où surgit cet accord. A contre-courant, nous en appelons aux privilèges du livre, aux impressions que dépose dans la solitude une page de papier, à la magie durable d’un petit bloc imprimé et assemblé dignement, à l’empreinte irréversible de quelques mots choisis, à la respiration parfois d’une seule phrase, au feu d’un seul poème. » (Vincent Pélissier).
À quoi bon ? Vraiment ?

Mardi 29 septembre : Poésie contemporaine avec le Haïtien Lyonel Trouillot, François-Pierre Nizery, Alain Sancerni et les éditions Riveneuve.Soirée exceptionnelle à La Lucarne des Ecrivains où l’on vient de plus en plus loin, d’Haïti même ! François-Pierre NIZERY qui présentera la collection Arpents et Alain JAUSON pour les éditions Riveneuve.
On connaît Lyonel TROUILLOT pour ses romans comme « Rue des pas-perdus », « Bicentenaire », « Les enfants des héros », ou son dernier titre « Yanvalou pour Charlie ». On le découvrira ce soir pour son recueil de proses poétiques « Éloge de la contemplation » (suivi de « Les dits du fou de l’île » et « Rendez-vous »)dans lequel le regard est le fil rouge de ces petites histoires en poème dans lesquelles l’amour et la mort se font des confidences :
« Le temps se ferme sur mes yeux. Ou, est-ce moi qui les ferme une dernière fois. Quel spectacle que la vie. J’envie ceux qui y entrent par l’entrée des artistes. Moi, je ne fus qu’un spectateur. (…) Qu’importe. J’ai mis trop de temps à comprendre qu’arrivé au sommet de la contemplation, cette haute forme de solitude, il ne nous reste plus qu’à arpenter le vide. J’ai vu ce qu’il me fut donné de voir. Ton image » La dernière. » (Lyonel Trouillot, Rideau)
L’occasion aussi de découvrir les poèmes courts (1 à 13 lignes) d’Alain SANCERNI, « Comme partout ta réverbération », dans la même collection comme :
« Ta perfection surprenait la lumière changeante »
ou encore : »Il n’y avait plus de secret que l’extrême Attirance du monde »
 » Un visage sans bouche »
(Alains SANCERNI)
Enfin François-Pierre NIZERY présentera la collection » Arpents dont il est l’initiateur et son recueil « Chants de l’heur et d’ailleurs ».

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