Juin 2009

Quelques beaux jours suffiraient-ils pour déserter les librairies et courir le guilledou ? Nenni, car les soirées à La Lucarne des Écrivains sont certes des rencontres artistiques ou littéraires, mais aussi des rencontres humaines où l’on écoute et discute avec les invités, où l’on se retrouve ensuite devant un buffet et un verre à la main pour déclarer sa flamme.

Ainsi, mardi 2 juin 2009 à 19 h 30, nous célèbrerons L’ANNEE POETIQUE 2009 avec l’heureux éditeur Bruno Doucey (éd. Seghers) qui édite cet incontournable pour la quatrième année consécutive.
Seront présents à La Lucarne les anthologistes inséparables Jean-Luc MAXENCE et Patrice DELBOURG, ainsi que le nouveau venu Pierre MAUBE en compagnie de quelques poètes cités.
L’année poétique 2009 couvre en effet l’ensemble des publications de langue française. Une sélection de poètes de l’année, de Claude Albarède à Jong Nyeo Woo (coréenne que publie notre ami Jacques Brémond), mais aussi vingt-cinq poètes belges mis en exergue, du Flamand Jan Baetens (qui codirige la revue à contraintes Formules)à l’académicienne Liliane Wouters. Outre l’anthologie,une bio-bibliographie intelligente analyse chaque poète retenu, un dossier recouvrant l’ensemble des revues poétiques (manque cependant la lyonnaise Verso, pourtant trentenaire), un annuaire des éditeurs de poésie, des bibliothèques et sites internet spécialisés.

MERCREDI 3 juin à 19 h 30 : Soirée CAMBODGIENNE avec Dane CUYPERS pour son récit de voyage Tourments et merveilles en pays khmer (lectures par la comédienne Brigitte Mougin) et Randal DOUC pour sa pièce Nul endroit au monde.

Le Cambodge est le désespoir de l´écrivain comme certaines fleurs, si belles, sont celui du peintre. On écrit : Silhouettes dégingandées des cyclo-pousse tirant sur leur clope, filles aux yeux de star trimant dans des usines de textile, ondulations folles des lianes dans la forêt primordiale, ribambelle safran des bonzes débonnaires, chercheur de pierres précieuses dans sa gangue de boue, petits princes des rues au sourire de diamant, fleurs de frangipanier dans la cour du centre de tortures S21, vieux joueurs de chappey aveugles, lait de la lune se déversant sur Angkor Vat…
On écrit, et presque rien n´est dit de l´envoûtement, du bouleversement. A l´autre bout du monde, ce petit pays étrangement ignoré des médias, nous parle de l´essentiel : de la beauté et du mal, du désespoir et de l´élan vital. Cette soirée vous propose de mettre un pied au royaume khmer. Ou de venir partager vos émois si vous êtes déjà sous le charme …

VENDREDI 5 juin à partir de 18 h, vernissage de l’exposition de peintures de Claude Buin réalisées d’après les textes des Transfigurations de Matthieu Messagier.

VENDREDI 5 juin à 19 h 30 Soirée poétique autour de l’œuvre de Matthieu Messagie, avec une lecture d’extraits de ses poèmes par Jean-Luc Debattice, Philippe André Raynaud (organisateur de la soirée) et un accompagnement musical jazz de Mimi Lorenzini.
Matthieu Messagier, né en 1949, a publié plus de soixante ouvrages Cet « héritier désinvolte d’Alfred Jarry ou d’Arthur Cravan » s’est imposé comme l’auteur d’une œuvre singulière marquée par une syntaxe brisée et un sens de la vitesse qui, décuplant la force sonore du vers comme sa souplesse rythmique, pulvérise l’immédiateté d’un sens univoque au profit d’un kaléidoscope de sensations.

SAMEDI 6 JUIN (de 11 h à 22 h) au DIMANCHE 7 JUIN (de 11h à 18h) 4e MINI-SALON DU LIVRE D’ARTISTES avec les éditions Jacques BREMOND, les éditions Double Je (Léonore FANDOL, Philippe QUEREL), l’artiste Marie-Paule LESAGE et Les Livres Objets du Farfadet (Marc VERNIER) : « LE LIVRE D’ARTISTES PAR EUX-MEMES »
Une fois de plus nous découvrirons les ressources et les ressorts de la création à travers le livre et ses avatars grâce à ses acteurs de l’imaginaire, au service des poètes comme Jacques Brémond, du texte comme Marc Vernier, de l’objet livre telle Marie-Paule Lesage ou du livre-objet tels Philippe Querel et Léonore Fandol.

Un week-end exceptionnel pour des ouvrages d’exception !

SEMAINE DE LA REVUE, DE LA NOUVELLE ET DE LA POESIE à La Lucarne des Ecrivains, semaine que l’on vous passera en revue et dont vous me direz des nouvelles… en venant vous recueillir devant l’estrade de la librairie où officieront les invités de ces quatre rencontres consécutives !

MERCREDI 10 JUIN 2009 à 19 h 30, SOIREE POESIE/PREMIERE avec Blanche BRISSAUD, GUY CHATY, JEAN-PAUL GIRAUX, JACQUELINE PERSINI PANORIAS.

« Depuis 15 ans, la revue Poésie/Première publie des textes de créations inédits, des études critiques et des entretiens pour explorer les cheminements singuliers de la poésie contemporaine. »
On trouve par exemple, dans le dernier numéro intitulé « POESIE ET SPIRITUALITE » un édito d’Emmanuel Hiriart autour de la thématique, un poème d’ouverture de Jacques Ancet, un
article de Michèle Duclos sur « Thich Nhat Hanh et le bouddhisme engagé », un entretien et des poésies d’Elsa Cross, un article mi-figue mi-raisin « Contre Yves Bonnefoy ? » de Daniel Leuwers.
Ainsi alternent tous genres de textes alliant critiques et créations et en final des notes de lectures diversifiées.

Jeudi 11 juin à 19 h 30 : « LA DISCORDE DES TEMPS », lecture/rencontre avec le poète Matthias VINCENOT, présentée par la poétesse syrienne Maram AL-MASRI.

Dans le cadre mensuel de ses rencontres, après le poète/éditeur  Francis COMBES (Le Temps des Cerises) et le philosophe/poète Jean-Pierre FAYE, la ravissante Maram AL-MASRI nous présente une de ses dernières trouvaille, le poète au grand cœur Matthias VINCENOT, accompagné par Eric GUILLETON qui chantera quelques poèmes qu’il a mis en musique.
A 28 ans, Matthias VINCENOT publie déjà, avec La Discordance des temps (Le temps des cerises), son huitième recueil de poèmes (après « la vie, le vent » (Lanore) et figure dans de nombreuses anthologies comme La Poésie est dans la rue ou L’Année poétique (chez Seghers). On y trouve une poésie de l’air du temps et du temps d’aimer :
« À courir des chimères dans des lieux provisoires
On oublie son histoire, parfois même
On y croit
Et c’est souvent pareil, mais on ne s’avoue pas
Que le hasard déforme ce que la nuit fait taire
C’est le second regard, celui qui comprendra »

VENDREDI 12 JUIN à 19 h 30 : Soirée ART ET NOUVELLES avec les éditions du Chemin de fer en compagnie des éditeurs François GROSSO et Renaud BUENERD, les auteurs Pascal GIBOURG
et Nathalie Constans, l’artiste Mélanie DELATTRE-VOGT.

Depuis la création de cette petite maison d’éditions, leurs trois fondateurs n’ont eu de cesse de défendre LA nouvelle et LA création. Publiant de jolis objets contenant une et une seule nouvelle, accompagnée tout du long par un artiste revisitant à sa manière le texte édité, chaque livre explore ce genre littéraire à travers des écrivains souvent reconnus, au regard d’artistes contemporains à découvrir. Initiée par des inédits d’Henry BAUCHAU  et Violette LEDUC, cette collection s’est élargie petit à petit à des auteurs moins connus et, récemment vers des nouvellistes commençants. On trouve ainsi à leur catalogue Annie Saumont, Pierrette Fleutiaux ou Marie Le Drian, Châteaureynaud, Daniel Arsand ou Eric Pessan. Pascal GIBOURG avec Rêve d’épingles « vu par » l’artiste Anne Laure Sacriste et Nathalie CONSTANS pour « La réformation des imbéciles » « vu par » Jean Lecointre, initieront la nouvelle présentation de ces charmants ouvrages tandis que l’artiste Mélanie DELATTRE-VOGT, qui accompagne un texte de Stig DAGERMAN, « Dieu rend visite à Newton(1727) » racontera son expérience.

Enfin, SAMEDI 13 JUIN, SOIREE COLLECTIVE AVEC LA REVUE VERSO, en compagnie de son animateur Alain WEXLER, avec la poétesse/comédienne Evelyne MORIN, le poète/éditeur David RONDIN et le poète André-Louis ALIAMET.

Au contact de cette revue lyonnaise que nous avons déjà invitée, nous découvrons le vivier vivant de la poésie contemporaine qui, contre vents et marées, continue son magnifique périple.

À vous voir et revoir !

Les vacances approchent à grands pas et nous mettons les bouchées doubles cette semaine, à La Lucarne des Ecrivains, avant la trêve estivale.
Semaine mosaïque où nous mêleront la poésie, la littérature française, allemande, la musique et une exposition de mosaïques proprement dites.

MARDI 16 JUIN 2009 à 19 h 30 : SOIREE POESIE Lectures musicales du recueil de poèmes Bacbuc d’Helyett BLOCH en présence de la violoniste Camille Barbillon et des éditions L’ACT MEM.

« Bacbuc » c’est-à-dire, d’après Rabelais « bouteille en hébreu, ainsi du son qu’elle fait en se vidant », glouglou poétique et onomatopéique, donc, que n’auraient pas rejeté
un chevalier de Piis ou un Pierre Enckell, « oeuvre sensuelle et d’une finesse de perception s’érotisant à la moindre voyelle » affirme en postface Marcel Moreau:

« les sourdes odeurs poissonnent
des liqueurs noires,
bacbuc

et nisillis des riens,
cisiillis de nisillis
renversant des taches de lune par terre

luisante humidité grisée à bout,
à pas de rues, parkings et parapluies
tintant de longues lippes de flaques sur l’asphalte »

MERCREDI 17 juin à 19 h 30 : SOIREE FRANCO-ALLEMANDE L’eau et la fumée avec les éd. bilingues En Forêt/Verlag Im Wald.
lectures dans les deux langues avec l’éditeur avec l’éditeur Rüdiger FISCHER. Lectures avec Claude HELD.
Parmi les auteurs publiés, Gérard Bayo, Pierre-Béranger Biscaye, Odile Caradec ,la Québécoise Hélène Dorion, l’allemand Peter Härtling,le Belge Philippe Jones,
Jean-Pierre Spilmont, le Luxembourgeois René Welter (en trilingue) et Rüdiguer FISCHER  qui publie lui-même une anthologie de 17 poètes d’Allemagne, « odeur de feu ».

Jeudi 18 juin 2009 à partir de 18 h : vernissage de l’exposition de mosaïques « Doux éclats », de Béatrice Balivet, qui a lieu du lundi 15 juin au samedi 27 juin.
Deuxième présentation à La Lucarne de mosaïques, nous découvrirons là un ensemble figuratif ou abstrait d’œuvres et d’objets, dans cette technique millénaire où excelle
Béatrice Balivet dont c’est la première exposition.

Doux éclats

Des fragments, des bribes de couleurs, des fleurs peut-être. Déjà une harmonie, des camaïeux apaisants. Des demi-teintes.
Puis, ça et là, quelques touches vives, des papillons beaucoup, des oiseaux de paradis, mais aussi un extraordinaire phénix qui étend ses ailes.
Des plaques étalent des soleils, des paysages qui vibrent.

Progressivement on devine des silhouettes. Des personnages envahissent la scène : des femmes au visage flou, des femmes fleurs, un rien de Klimt… puis, issue de nulle part, une vieille vue de dos cherche, elle, à quitter la scène maintenant complètement vide.
Ou plutôt, c’est celui qui regarde qui en occupe le centre. Des miroirs de toutes les formes, de tous les cadres, de toutes les couleurs sont là pour nous permettre de nous reconnaître, de nous admirer peut-être.
En brisant des tesselles, Béatrice Balivet nous tend le miroir. A nous de réfléchir.
Enfin, des cadres profonds, une estampe, plus prétexte que texte.
Eclats de lune, éclats de brume…

Ce n’est pas de la mosaïque, ce n’est pas du pointillisme. L’œuvre se construit d’ébréchures, de fêlures. Mais elle va de la surface au vide, du vide au plein, on se reconnaît dans l’harmonie des couleurs, on se découvre dans le miroir, on se perd dans le vide.
Puis, à nouveau, des fragments, des éclats, des couleurs…

VENDREDI 19 juin à 19 h 30 : Revue Pyro, avec Lise LEFEBVRE, JF SENE et YEKTA. Lecture présentation de la revue Pyro et de la première série de livres (aux éditions du grand Incendie, en particulier Veilleur sans visage de YEKTA, respiration des routes de Lise LEFEBVRE.

SAMEDI 20 juin à 19 h 30 : LECTURES MUSICALES autour du roman C d’Ivanne RIALLAND, accompagnées de textes de Louis ARAGON, Georges LIMBOUR, Gertrude STEIN.
Lectures par Ivanne RIALLAND, Céline CANDIARD et Antoine MORICE.
Accompagnement musical de pièces de violoncelle composées par Hervé de LA HAYE et jouées par la violoncelliste Gabrielle PANETRAT.
« S’il est le roman d’une enquête,policière et poétique, le premier livre d’Ivanne RIALLAND, « C », est aussi une quête dont les chemins empruntés voilent autant qu’ils dévoilent
le mystère. Quête de sens mais d’un sens qui s’absente, qui, approché, s’éloigne d’autant. Ce pourrait être le magiciend’Oz. »

La politique est-elle un spectacle ? Le spectacle est-il politique ? On pourrait penser que non lorsque le spectacle se tourne délibérément vers le poétique – et la politique vers le social.
Trois soirées cette semaine, à La Lucarne des Écrivains, illustreront cette double proposition.

MARDI 23 juin à 19 h 30 : Soirée théâtrale et poétique autour de Jean Tardieu avec les élèves de de l’école Claude Mathieu (Laure Dehorter, Rhislaine El Cohen, Pierre Flavigny, Claire Granié, Julie Josselin, Sébastien Schillé), dirigés par Corinne Guedet de la Compagnie La Tierce.
Poète et critique d’art, homme de radio et de théâtre, Jean Tardieu (1903-1995) n’a cessé de surprendre tout au long de sa vie vouée à la création, au contact du rire comme de l’absurde. De nombreux textes ont fait l’objet de multiples interprétations théâtrales comme les célèbres « Un mot pour un autre » ou « Finissez vos phrases! » pré-oulipiens, dans lesquels les mécanismes du langage sont un moteur pour comprendre le monde ou la société en s’en jouant. Le spectacle de ce soir s’attaquera à ses textes poétiques comme « Monsieur Monsieur » et « Une voix sans personne » :
« Monsieur, pardonnez-moi / de vous importuner : quel bizarre chapeau / vous avez sur la tête !/
– Monsieur vous vous trompez / car je n’ai plus de tête / comment voulez-vous donc / que je porte un chapeau ! »

MERCREDI 24 juin à 19 h 30 : soirée d’actualité politique : « SOMMES-NOUS TOUS DES CLANDESTINS ? » avec Olivier LAS VERGNAS pour son roman « Autopsie d’un sans-papiers » (Le Passager clandestin) et le collectif du recueil « Feu au centre de rétention : des sans-papiers témoignent » (Libertalia). Quand la fiction dépasse la réalité ; quand la réalité dépasse la fiction :
« On ne naît pas sans-papiers. On le devient. Je ne sais d’ailleurs pas précisément quand j’ai officiellement rejoint cette grande famille des parias dûment homologués. Je suis né et j’ai grandi dans un pays où les miens n’étaient pas acceptés. En sortant de l’enfance, j’ai compris que mon vrai pays n’existait plus, qu’il n’était qu’un souvenir du passé. Quelque temps plus tard, ma famille est venue se réfugier ici (…) Mes parents ont fini par accepter que notre sort était scellé. Tellement scellé qu’ils ont décidé de se cacher avant de finir par se faire rafler. »
(Olivier Las Vergnas)

VENDREDI 26 juin à 19 h 30 : LECTURE-SPECTACLE avec la revue LA PASSE des langues poétiques « tout en extravagance et sagesse » avec Tristan FELIX, clown et poète, Philippe BLONDEAU, Aurore DOURTHE, Jacquelin PERSINI-PANORIAS, P. AUDO, G. de CRUSTACE et Laurent NOEL (musique).
« Dans LA PASSE, il y a du temps pour les trouvailles et du temps pour les échanges, du temps pour les légendes, du temps pour la mémoire et même du temps pour la guerre, du temps pour les rêves, pour des amours et des amitiés qui se cherchent ou s’inventent au fil des lettres… Dans LA PASSE, il y a l’Histoire de père en fils et des histoires entre mère et fille, des histoires pour rire, des
histoires de vie et des histoires de fou… Dans LA PASSE, il y a des langues pour la poésie : des langues comprimées et qui rejaillissent en images, des langues rares pour des lieux communs, des langues retenues, condamnées au secret ou traduites de justesse… des langues de passe. »

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