Mai 2009

Abîmes ordinaires à La Lucarne des Écrivains où philosophie, poésie, politique, spectacle et tout simplement littérature s’entrecroiseront au fil de trois rencontres successives.

Et tout d’abord le nouveau rendez-vous avec Maram al-Masri qui nous présentera, après Francis Combes le mois dernier, ce mardi 5 mai à 19 h 30, Jean-Pierre Faye, à l’œuvre considérable comme poète et philosophe (Nietzche et Salomé), essayiste, romancier (prix Renaudot pour l’Ecluse),auteur de théâtre, cocréateur de la revue Change avec Maurice Roche et Jacques Roubaud. Mais c’est au poète que tout naturellement Maram al-Masri se tournera, en particulier Fleuve désert respirés (Dumerchez) et Eclat rançon (La Différence). Gageons une belle soirée où poésie et philosophie s’épanouiront comme deux roses parfumées et vénéneuses au bord de l’abîme.

Mercredi 6 mai à 19 h 30 nous revient pour la troisième fois Marie-Claire Calmus qui interprètera à sa façon poético-politique sa deuxième série de Chroniques de La Flèche d’or (Rafael de Surtis). Commentant l’actualité de l’époque (de 1998 à 2002), elle explore sous forme de monologues ou de poèmes les contradictions et paradoxes du temps avec force et conviction, nous invitant à la rejoindre dans ses remarques ou ses affirmations sur la politique du quotidien. Beau spectacle garanti ! (Passage du chapeau à la fin de la soirée).

Jeudi 7 mai à 19 h 30 : soirée organisée par Philippe Raynaud autour de Ghislain Ripault, avec présentation de l’auteur par la projection d’un portrait-filmé de Guy Lavigerie, suivie de lectures tirées de son livre De l’abîme ordinaire (Rhubarbe).
« Dans le premier récit de ce livre, à la suite de la libération d’un ami emprisonné, le narrateur retrace toutes sortes de circonstances qui font du hasard apparent des rencontres une nécessité, autant énigmatique, remontant jusqu’à sa propre naissance, et donc la femme qui l’a deux fois mis au monde, par la chair puis le verbe. Cette fiction de la réalité, comme le serait une légende, se fait plus impérieuse quand la mort rompt les fils que, dans le second texte, “Poussière d’émois”, le narrateur, toujours aux voix multiples, tâche de renouer, allant en quête des lieux autrefois familiers, des témoins, des faits, visitant in extrémis avant destruction la maison natale ou devant vider sans délai l’appartement familial comme on ferait cruellement place nette, page blanche. vertige aussi intime qu’universel.
Abîme ordinaire, en somme. »

Quatre propositions de découvertes artistiques ou littéraires cette semaine au 115 ou, si vous préférez, à La Lucarne des Écrivains, quatre propositions qui toucheront la photographie, la chanson, l’histoire romanesque et l’histoire politique au gré de votre fantaisie, de celle des invités et de la nôtre.

2009-05-photo Rouhet-Du 11 mai au 30 mai 2009 : exposition « Métamorphoses », photographies de Michèle Rouhet (http://www.michelerouhet.com). Vernissage le mercredi 13 mai à partir de 17 h.
Pour Michèle Rouhet, la nature est « l’âme de l’univers » susceptible de se transformer comme des trompe-l’œil en fonction de notre capacité de rêve : écorce, pierre, sable qui se métamorphosent en figures extraordinaires, que nous verrons en grands ou très grands formats photographiques.
Métamorphoses également urbaines à travers la démolition et la reconstruction entre 2006 et 2009 des anciens Moulins de Pantin, qui ont marqué la périphérie parisienne comme les Halles de Baltard le coeur de Paris, et que Michèle Rouhet nous livre aujourd’hui avec ses photos. Michèle Rouhet que nous retrouverons comme conteuse au cours d’une soirée, le jeudi 28 mai, intitulée « La sagesse de l’amour », en compagnie de l’accordéoniste et flûtiste Anne Lebaron.

Mercredi 13 mai à 20 h 30 : après le vernissage, Soirée chanson intitulée « Le musée du temps perdu », récital de chansons françaises interprétées par Nadia Finkielman, auteur-compositeur et également peintre, qui nous offrira avec sa voix chargée d’émotions ses coups de cœur et ses coups de gueule parmi ses textes originaux. Passage du chapeau en fin de spectacle.

Jeudi 14 mai à 19 h 30, « Paris hors-la-loi » avec Marc Tardieu pour Les Apaches de Belleville et Pierre-Alain Mesplède pour Les Caïmans du Marais, publiés chez Pascal Galodé.
Paris a toujours été sujet de films ou de romans, de poèmes ou de chansons comme aucune ville de France, et du monde peut-être. Les Caïmans du Marais nous rappellent comment, au XVIIIe siècle, il pouvait être dangereux de circuler : vol, agression, mort accidentelle ou criminelle. Parmi les mendiants « argotiers », les « sabouleux » épileptiques, les pieux « convertis » et « coquillards », ou encore les dangereux « tire-laine », les caïmans n’étaient pas en reste parmi le banditisme que nous reconstitue Pierre-Alain Mesplède dans son roman historique où le célèbre chevalier de Saint-George évolue parmi ses personnages.
Marc Tardieu n’est pas en reste avec Les Apaches de Belleville dans lequel il raconte l’histoire, en reconstituant l’argot du début du XXe siècle, de deux titis parisiens très vite détournés de la bonne voie à la mort prématurée de leur mère, deux Apaches qui préfèrent mourir sous les balles des pandores que sous les ordres des contremaitres.

VENDREDI 15 mai à 19 h 30 : Soirée Malraux et De Gaulle, avec Karin Müller pour ses entretiens avec Jean Lacouture, Malraux, itinéraire d’un destin flamboyant (A. Versaille), Olivier Todd, biographe de Malraux, et Alexandre Duval-Stalla pour André Malraux, Charles de Gaulle, une histoire deux légendes (Gallimard).
André Malraux était un grand écrivain qui se prenait pour grand politique. Charles de Gaulle était un grand homme politique qui se prenait pour grand écrivain. En échangeant symboliquement leurs rôles, l’un en tant que créateur du ministère de la Culture, l’autre en composant ses mémoires, on découvres deux maîtres du verbe et de la fabulation tout deux « pléiadisés ».
Olivier Todd démasquera les travers de Malraux tandis qu’Alexandre Duval-Stalla sera l’avocat des deux célèbres compères. Karin Müller nous apportera, avec ses entretiens de Jean Lacouture, cette touche d’anecdotes et de familiarité qui nous rendra plus proche André Malraux. Une occasion de lire ou relire Les Conquérants, La tentation de l’Occident, Les chênes qu’on abat… ou Les Antimémoires.
À
vous voir à l’une des quatre du 115 !
A. L.

Beauté du monde, beauté du verbe, mais aussi cruauté, vengeance, dérive, ainsi nous partageons le monde et ses passions, ainsi nous traverserons cette semaine, à La Lucarne des Ecrivains, au contact du livre, du dessin, de la musique ou de la comédie, avec vous et vos amis.

Mercredi 20 mai 2009 à 19 h 30 : « HIistoire, Histoires… » avec Martine Le Coz pour La Couronne de vent, Aicha Arnaout et Alain Gorius pour La fontaine, publiés aux éditions Al Manar. Histoire algérienne d’abord, avec l’émir Abdelkader, homme de foi mais aussi homme de guerre qui, en 1838, assiège la ville de son rival et coreligionnaire le Cheik Sidi Ahmed Tidjani, manipulé par un perfide Français.
Sous la plume de Martine Le Coz, on découvre dans ce récit poétique, entrecoupé de quatorze somptueux dessins de Rachid Koraichi, un homme tourmenté par le sens profond de ses croyances en porte-à-faux entre la fraternité et le pouvoir temporel. Avec La fontaine Alain Gorius clôt, en compagnie de la poétesse syrienne Aicha Arnaout, le Triptyque de Lodève commencé par Stèle pour l’absent avec la libanaise Vénus Khoury-Ghata, continué avec la syro-libanaise Etel Adnan Sur la haute tour elle était nue accompagné de dessins de Diane de Bournazel comme le dernier volet. Ces récits à deux voix voyagent à travers le temps et le rêve, l’histoire et la géographie, contant des gestes médiévales entre contes, poésie et mythes.

Vendredi 22 mai à partir de 19 h 30 : Spectacle « Tangos, Slams et Coplas » avec l’interprète Miguel Angel Sevilla (auteur dramatique d’origine argentine) et la guitariste Christelle Sery. Tangos, slams et coplas, parce que ces trois types de poésie populaire sont liés à la vie et à l’amour, sans jamais oublier leur origine : le monde du travail. Entrée libre, au chapeau.

Enfin samedi 23 mai à 19 h 30 : « Lecture-spectacle : Portraits cruels » avec la comédienne Dominique Charpentier, qui interprètera ses Portraits Lieux (Sens et Tonka) publiés sous son nom de plume Dominique Hennegrave, et Jean Guizerix qui lira des extraits du Moulin de Jerry.
Dominique Hennegrave nous avait donné un avant-goût de ses portraits pour la soirée consacré à La Gazette de La Lucarne (dont le numéro 15 vient de sortir) : « Dans chaque lieu, une histoire, à peine suggérée, banale, ou presque, des portraits de personnages débusqués, fantomatiques, les petits et grands tourments de la vie, les drames, la cruauté… ».
Jean Guizerix, ancien danseur étoile, évoquera lui, à travers un ballet joué à New York, une sorte de rituel dans lequel un homme revoit les saisons de sa vie. Le danseur relate à la fois ce qui se passe dans son esprit et dans son corps lorsque il est sur scène mais aussi, en parallèle, se raconte le ballet lui-même et ses évasions d’esprit, présentes à l’instant du geste.
Beauté du monde, beauté du verbe.

Économie et écologie, histoire littéraire et contes, voilà de quoi vous rafraîchir les idées sinon les neurones, cette semaine à La Lucarne des Écrivains, pour ses quatre soirées suivies toujours d’un buffet rafraîchissant…

Et d’une : Lundi 25 mai à 19 h 30 : « Pouvoir d’achat, pouvoir de vivre » avec Jean-Marc Governatori représentant L’Alliance Écologique Indépendante aux Européennes 2009, pour son livre Doubler son pouvoir d’achat au Courrier du Livre.
L’écologie est-elle simplement le bon truc qui renouvelle un capitalisme rapace et essoufflé cherchant de nouveaux marchés « éthiques » – ou  bien une critique radicale, pragmatique et philosophique de notre société ?
En lisant la préface d’Albert Jacquard du livre de Governatori, axée sur la question de la pauvreté, ou la postface humaniste de Francis Lalanne, on pourrait penser pour la seconde solution. En parcourant le livre Doubler son pouvoir d’achat, on a l’impression plutôt d’une action quotidienne consumériste visant les petites économies aboutissant à de grands résultats. À débattre, donc, dans le cadre des élections européennes.

Et de deux : mercredi 27 mai à 19 h 30 : « Deux vies, deux œuvres : Georges Hyvernaud et André Beucler » par Guy Durliat et Roland Beucler.
Sinon leurs « dates » – ces deux écrivains sont contemporains des trois premiers quarts du XXe siècle – et leur égal oubli, rien de plus dissemblable que les vies et œuvres de ces deux hommes.
L’un, Georges Hyvernaud (1902-1983), après un avant-guerre de professeur, critique et essayiste en petites revues, rapporte d’une captivité allemande de cinq ans la matière de deux livres inclassables qu’il publie dans l’après-guerre… pour abandonner là, amer, sa carrière d’écrivain. Il vit dans l’isolement du franc-tireur : pas d’amitié littéraire (hormis Guérin), aucune relation avec les milieux de l’édition ou de la critique…
L’autre, André Beucler (1898-1985), commence dès 1925 chez Gallimard une œuvre qui sera forte d’une quarantaine de volumes (romans, essais, traductions, portraits et souvenirs…), auxquels s’ajoutent des chroniques, nouvelles et reportages. Il s’impliquera dans la radio, touchera au cinéma… Dans une vie mouvementée, Beucler noue de fortes amitiés avec le « tout » littéraire et artistique de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre : Fargue, Giraudoux, Cocteau… seront ses compagnons de route ; il écrit pour ses amis Malraux, Kessel, Saint-Exupéry… et côtoie Van Dongen, de Segonzac, Bonnard, Marie Laurencin. Tentant donc, en examinant ces destins opposés d’écrivains nés avec le siècle, de confronter les images qu’ils nous laissent de leur époque, et de s’interroger sur les raisons de leur commune disparition du paysage littéraire.

Et de trois : jeudi 28 mai à partir de 19 h 30, Soirée Contes : « La sagesse de l’amour » avec Michèle Rouhet, conteuse, et Anne Lebaron, accordéoniste et flûtiste.
« Pour l’enchantement de nos oreilles et de nos cœurs, la lune lointaine, l’indestructible serpent, le vent amoureux, des ours sauvages, la force des chants, une vieille malicieuse, une souris naïve portent nos rêves d’amour-toujours, d’amour-renaissance, d’amour sage, d’amour fou. » (Entrée libre)
Vous pourrez en profiter pour regarder les photos en trompe-l’œil de Michèle Rouhet qui exposent jusqu’à samedi inclus à La Lucarne.

Et de quatre : samedi 30 mai à partir de 19 h 30, Soirée Contes : « Femmes et diables » avec les conteurs Françoise Vigla et Eric Coget.
« On commencera la soirée avec les diables : certains bien embarrassés par les plaintes des hommes aux enfers et d’autres bien embarrassants pour les hommes ! On continuera par deux contes peu connus : deux naissances étranges, deux destins exceptionnels de femmes, l’un dans l’Italie de la Renaissance et l’autre sur les côtes de l’Afrique du Nord.
Une soirée sous le signe de la bonne humeur. Une soirée pour adultes et adolescents. »

Et de cinq : vous pourrez vous reposer dimanche en lisant La Gazette de la Lucarne n°15… et le nouveau programme hebdomadaire.

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