Mars 2009

L’éclectisme serait-il une tournure d’esprit alliant la curiosité maligne au plaisir de l’expérimentation ? Ou bien simplement de l’esbroufe, un effet de mode sans lendemain ? En tout cas, à La Lucarne des Ecrivains, l’éclectisme mène bon train cette semaine, où les amateurs de chats, de théâtre, de collages ou de poésie s’en donneront à cœur joie !

Mercredi 4 mars 2009, à 19 h 30 précises : Littérature enfantine avec la traductrice coréenne LIM Yeong-hee, qui nous a fait connaître il y a un mois le grand écrivain Kim Young-ha pour « L’Empire des lumières », et qui nous présentera cette fois-ci la célébrissime série « L’Ecole des chats ». Abondamment illustrée par Kim Jae-hong, « L’école des chats » mélange réalisme et fantastique, dans laquelle nos amis félins vivent en marge des humains… Brin-d’Osier, Boite-à-Lettres, Mandragore ou Mot-d’Amour vous accompagneront dans ce monde étrange avec leurs jeunes amis.
On parlera donc autour de la série de « L’Ecole des chats » (9 volumes, de 9 à 99 ans !) mais aussi d’autres albums coréens comme « Graine de Bouddha » de kim Jong-sang, « L’Escalier où le chat m’attend » de Yi Sang-hui, « Les Enfants de la rivière » de Kim Jae-hong, « Dans les bois » de Kim Jae-hong et « Quatre points et demi » de Yun Seok-jung.

Jeudi 5 mars 2009, à partir de 19 h 30 : Soirée théâtrale avec les éditions des Cygnes.
 Emmenée par l’éditrice Monique DE MONTREMY, cette rencontre nous permettra de rentrer de plain-pied dans la création contemporaine avec les auteurs comme Laurent LECLERC (« Tout doit disparaître », Filip FORGEAU (« Orson or not Orson ») ou Fabian CHAPPUIS (pour son adaptation de « Marie Stuart » de Schiller).
On parlera de théâtre -de l’édition à la scène- avec bien sûr des lectures pour vous mettre l’eau à la bouche !

Vendredi 6 mars 2009, à partir de 18 h : Vernissage des peintures-collages de Sylvie Hetreau qui aura à cœur de vous entretenir autour de ses œuvres.
 »Tous ces papiers différents, déchirés, colorés, frottés puis collés, rehaussés d’encre ou de peinture, conduisent Sylvie Hétreau, par le jeu du hasard, sur le chemin de rencontres entre papier, forme et couleur qui, soudain, ont quelque chose à se raconter. »
De la belle ouvrage !

Samedi 7 mars 2009 à partir de 19 h 30 : Soirée poétique autour de la collection Levée d’encre. 
Une collection, qui privilégie l’écriture poétique. Elle publie, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus actuel dans sa construction d’un sens de la poésie.
Dirigée par Gérard AUGUSTIN et Michel CASSIR, cette collection lancée fin 2001 compte aujourd’hui une quarantaine de titres. Seront présentées, lors de cette soirée, les publications les plus récentes d’Hervé BAUER, de Marc FONTANA, Paul HENRY (Pays de Galles), Catherine LECHNER-REYDELLET, Philippe André RAYNAUD, Sébastian REICHMANN, Alain ROBINET, Nanos VALAORITIS (Grèce), Hiromi TSUKUI (Japon).
Avec la voix et la participation musicale de Claudia CHRISTIANSEN.
Les textes seront lus par les auteurs ou par leur représentant.

Vivre dans son temps, vivre avec son temps, c’est partager les problématiques du monde à travers les livres, les auteurs, l’actualité comme l’histoire, l’art, la photo ou la chanson. A son habitude, la librairie-galerie LA LUCARNE DES ECRIVAINS invitent les créateurs qui illustrent cette volonté par leur expérience, leur talent, leurs travaux de première main. 

MERCREDI 11 MARS à 19h30, SOIREE CHINE avec Françoise CHABERT pour son livre « Naître en Chine », accompagné des photographies de Qiang ZHANG, en présence de l’éditeur Gérard Aimé (éd. Alternatives). 
A partir des clichés de la photographe Qiang Zhang (dont les éd. Voix d’encre ont publié un superbe portfolio « La voie de la fourmi attentive »), Françoise Chabert fait le point sur la condition des femmes en Chine au regard de la législation de l’enfant unique. « Cette société, une des plus inégalitaires du monde, privilégie les garçons, les villes, ceux qui ont le pouvoir et l’argent (la ploutocratie), et ne se préoccupe guère du sort des filles, des campagnes et de ceux qui essaient de survivre. » Vous avez dit Chine communiste ?

Vendredi 13 mars (ne soyons pas superstitieux) à 19 h 30 : Soirée « De la droite à l’extrème-droite » avec Jacques LECLERCQ, pour son Dictionnaire de la mouvance droitiste et national, de 1945 à nos jours chez L’Harmattan. Son imposant ouvrage (700p.) décrit dans près de 1375 entrées les plus informatives et objectives possibles, autant de mouvements ou périodiques français résolument à droite, en une ligne ou en 100 pages (article Front national). De « Aaargh » (site révisionniste) à « Zera » (bulletin skin), on découvre médusé une face multiforme de la France d’Astérix et d’Outre-mer. A côté du « Combat calédonien », hebdomadaire créé par Alain Camille (le fameux auteur de série noire A.D.G.), on trouve « Combat de la foi catholique » (groupe intégriste), « Combat européen » (périodique néo-nazi), « Combat furtif » (groupuscule vosgien) et « Combat pour les valeur » (mouvement de Philippe de Villiers). Au-delà de la recension, Jacques Leclercq nous invite à situer et analyser les différentes passerelles entre la droite et l’extrême- droite depuis soixante ans, sans faire d’amalgame.

Samedi  14 mars après-midi, vous pourrez voir avant son décrochage l’exposition de peintures de Sylvie Hetreau présente toute l’après-midi.

Enfin, pour la soirée à 19 h 30, Tour de chant de Niño Gema intitulé « CHANSONS DE FRANCE ET D’AILLEURS ». Niño GEMA, auteur-compositeur, nous interprétera dans son récital des chansons de son cru, avec sa voix douce et sa guitare rêveuse, en français mais aussi en d’autres langues latines. On pourra prolonger la soirée avec son CD « Il faut repeindre en vers » où l’on écoutera également des interprétations de poèmes connus (« L’invitation au voyage », « Le dormeur du val »). Une façon tranquille de terminer la semaine en chansons mais aussi avec le n°13 (ne soyons pas superstitieux) de La Gazette de la Lucarne qui paraîtra ce jour-là, bourré de textes et de surprises.

Un petit tour dans la cave pour saluer le numéro 13, celui qui porte chance ou malchance suivant les superstitieux. Le 13 de La Gazette de La Lucarne paraissant pour la treizième fois de sa deuxième année d’existence sous l’égide de la Lucarne des Écrivains et de la charitable Mathilde :
 « À la Sainte-Mathilde, ne bois que du Mouton-Rothschild ».


 Saluons donc Anne de RANCOURT, la noblesse diablesse, qui loue dès l’éditorial de La Gazette « le salon du livre féminin » d’Hagondange, bien autre chose que le salon du livre masculin de la porte de Versailles… Saluons Luc PERINO, le darwinien, vantant le pré carré de la science et de l’église (à chacune son magistère sinon son Dieu).
Saluons le Jeune Juriste Jean-Baptiste FELINE qui se croit une vocation d’écrivain et le vieil enragé Bernard GASCO se pensant une vocation d’Inconnu… Saluons toutes celles et tous ceux qui nous offrent leurs textes ce mois-ci comme la Merluche et que nous célèbrerons dans un mois avec Gisèle Joly, le 15 avril, pour la sortie de la quatorzième Gazette…

Vendredi 20 mars 2009 à 19 h 30, « CEUX QUI ONT DIT NON », soirée autour de cette collection créée et animée par Murielle SZAC, éditée par Actes Sud, et que nous avions eu l’heur d’accompagner il y a un an lors de son lancement dans la librairie.
Le principe en est simple : romançant un morceau de vie d’un personnage historique d’hier ou d’aujourd’hui, un bref récit est mené autour d’une thématique explicitée dans le titre, suivi de quelques pages documentaires. Ainsi, pas moins de six auteurs nous présenterons eux-mêmes leur livre à La Lucarne :
Gérard DHOTEL pour Victor Schoelcher : « Non à l’esclavage » ; Bruno DOUCEY pour Victor Jara : « Non à la dictature » ; Caroline GLORION pour Joseph Wresinski : « Non à la misère » ; Jessie MAGANA pour Général de Bollardière : « Non à la torture » ; Maria POBLETE pour Lucie Aubrac : « Non au nazisme » ainsi que pour Simone Veil : « non aux avortements clandestins » ; enfin Murielle SZAC pour Victor Hugo : « Non à la peine de mort », qui nous présentera également, de NIMROD : Rosa Parks : « Non à la discrimination raciale ».

Samedi  21 mars 2009 à partir de 15 h : Vernissage de l’exposition de Robert Lobet, « Chemins de couleurs », gravures et monotypes.

Le vernissage sera suivi d’une Soirée poétique à 19 h 30 autour des éditions de La Margeride créée par ce même Robert Lobet. Son principe éditorial est le suivant : une plaquette bibliophilique numérotée d’un auteur contemporain, accompagnée d’une gravure et cela pour le prix d’un livre classique ! Ainsi avions-nous découvert les émouvants vers de Marc-Henri ARFEUX Dévastation de la Tendresse ainsi que Les Lances du rêve de Maram AL-MASRI, il y a quelques
mois, ici-même. Après la présentation de cette maison d’éditions, l’iranienne Jaleh CHEGENI lira ses poèmes : Une forêt brûle dans mes souvenirs :
« LA NEIGE EST ENCORE TOMBEE CETTE NUIT
QUI SAUVE LES MOTS GELES ?
ELOIGNES L’UN DE L’AUTRE
OUBLIER FAIT FONDRE LES MOTS. »

Enfin, la soirée se terminera sur les poèmes de Lucien GIRAUDO, « Le Livre d’Eole », édité et accompagné de dessins ou de gravures par Robert LOBET, à l’instar des précédents :
 »…comme une main invisible
il tourne mes pages
de son souffle précis
lentement l’une après l’autre
mes nervures frissonnent
et ma peau s’assouplit
sous la caresse
de ses haleines… »

Soyons brefs puisque telle est la loi de l’intérêt général et particulier, soyons brefs si nous portons espoir dans votre visite d’un soir ou d’une journée à La Lucarne des Ecrivains, soyons brefs pour vous présenter les trois rencontres de la semaine qui nous porterons, par le prisme de la langue française, vers le Cameroun, les fleuves d’Afrique ou plus simplement Paris, à travers l’histoire, le conte, le récit et la poésie.

Mercredi 25 mars 2009 à 19h30 : Soirée CAMEROUNAISE autour de l’oeuvre de MONGO BETI, en compagnie de sa veuve Odile
BIYIDI-AWALA et le comédien Yves-Robert VIALA. 
Mongo BETI (1932-2001) est une grande figure de l’opposition africaine qui a dénoncé très tôt les exactions néo-colonialistes, de De Gaulle à Mitterrand, par ses romans comme par ses essais historiques. Dès « Le pauvre Christ de Bomba » (1956), il raconte l’ambiguïté de l’action missionnaire et de l’universalité du message chrétien. Dans « Main basse sur le Cameroun » (1972), il décrit le mécanisme dictatorial commandité et contrôlé par la France. Avec « La France contre l’Afrique », il détaille, après trente ans d’exil de son village natal, la situation d’asservissement de ses compatriotes, malgré la vitalité des femmes et des enfants. Ses romans « Trop de soleil tue l’amour » et « Branle-bas en noir et blanc » nous emmènent dans
un monde où l’inertie le dispute à l’absurde, où la corruption est le seul moyen de survivre, avec les aventures désopilantes et baroque d’un journaliste poète.
De fabuleux textes où la langue de Mongo BETI est « pure, insolente et orgueilleusement bâtarde ».

Soyons brefs, soyons brefs…

Jeudi 26 mars à 19 h 30 : SOIREE POETIQUE avec les poètes d’origine tunisienne Amina SAÏD et Tahar BEKRI, en présence d’Alain GORIUS des éditions Al Manar. 
 »Dans la caverne où ils se sont réfugiés puis endormis d’un long sommeil, sept compagnons s’éveillent de nouveau à la vie. Tour à tour ils vont prendre la parole et raconter, témoigner, dialoguer… » Amina SAÏD, auteur d’une oeuvre déjà longue, nous offre dans « Tombeau pour sept frères » une version poétique d’une très ancienne légende. Avec son quatrième livre publié par Al Manar, « Les dits du fleuve », Tahar BEKRI se fait fleuve pour rejoindre la mer :
« Que je m’appelle Tigre 
Ou Euphrate
 Qu’importe
 Qui dira aux peupliers
 La déroute des palmeraies 
Désertées par les colombes 
Leurs nids à l’abandon
 Aux bruits des canonnières »
Enfin, pour rester bref…

Vendredi 27 mars toujours à 19h30 : JEUNE LITTERATURE FEMININE, en compagnie de Magali BRENON, Anne SAVELLI et Marie-Céline SIFFERT.
Trois auteurs, qui ne se connaissaient pas avant cette invitation, illustrant à leur manière la création littéraire contemporaine.
Magali BRENON, avec « J’attends Mehdi » (Le mot et le reste) – court récit longuement écrit et mûri – nous « entraîne au hasard des rues, le long du littoral, du Sud écrasé de chaleur aux côtes ruinées de l’Angleterre, entre lieux imaginaires et réalité géographique ».
Anne SAVELLI, en résidence au 104 (rue d’Aubervilliers), voyage sur la ligne 2 métropolitaine parmi les carnets métromaniaques d’une femme dans ses écrits « Fenêtre / Open space » (Le mot et le reste). « Cowboy junkies/ The trinity session » chez le même éditeur est le nom d’un groupe canadien et d’un album musical au travers duquel nous déambulons.
Marie-Céline SIFFERT, dans ses poèmes de « Monsieur en extase sur la couverture » publié par notre cher Jacques Brémond, s’amuse, par le verbe et la verve, au contact d’un personnage d’une correspondance imaginaire. Textes d’avant-garde d’une grande lisibilité. 

Bref, nous avons tenus notre parole d’être brefs. Hum !

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