Septembre 2008

Que vous ayez ou non sacrifié aux vacances estivales à la montagne, à la mer, à la ville, à la campagne, très loin ou près de chez vous, tôt ou tard il vous faudra aussi sacrifier au rituel de la rentrée, aux retrouvailles du bercail, que vous ayez ou non travail, marmailles, sérail et autres rimailles en -ail(le).

Alors associons plaisir et couleurs, « Art et Poésie », à La Lucarne des Écrivains et ce, dès le vendredi 29 août avec les boîtes à mots de Virginie TRANSON et Bruno SILLARD exposées à la librairie et qui feront l’objet d’un vernissage et d’une soirée poétique ce jour-là . Le concept est simple : au fond d’un cadre de 20 sur 30 cm, une oeuvre de Virginie Transon, sorte de Niki de Saint-Phalle contemporaine pleine d’énergie magnétique, avec ses collages rehaussés de peinture, et fermant ce cadre-boîte, un poème, imprimé en transparence sur plexiglas, de Bruno Sillard. La soirée sera consacrée, à partir de 19h30, aux lectures alternées des poèmes de Bruno SILLARD :

AFGHANES (Peintures de femmes)

Le sourire de Mona Lisa
Le sein d’une Maja nue
les formes d’un déjeuner sur l’herbe
un regard qu’une bougie éclaire
une marianne qui république
un sexe communard

Silences de femmes

Une Afghane lapidée
une Malienne excisée
une tournante infernale
une gamine mariée vive
une mère qui serpillère
dix euros pour dix enfants

Couleur de femmes

Un de ces rouges que l’on
ne saurait peindre.

Eh ! voilà ! c’est reparti pour un tour, la sarabande des semaines studieuses et travailleuses au gré du cycle des saisons, des lunaisons, des pâmoisons. A moins que vous soyez un(e) de ces dilettantes qui prennent plaisir à la vie, à la création, à l’amour, à la musique auprès de l’humanité gémissante, pendant que celle-ci s’échine à croquer la pomme jusqu’au trognon.

Vendredi 5 septembre 2008, à 19 h 30, alors, une manière de vous associer au dilettantisme et à la belle ouvrage, c’est de venir à La Lucarne des Écrivains pour notre rentrée littéraire (en contemplant les tableaux « flashy » de Fred Kustner, dit Fofolle Fada, un verre à la main ) pour notre SOIREE ROMAN D’ACTION autour des livres de Laurent MARECHAUX publié comme il se doit… au Dilettante, dont Claude Tarrène nous racontera les boires et les déboires.

Laurent Maréchaux ou l’hypermasculinité. Son dernier roman « Bijoux de famille » est à prendre au propre et au figuré : la saga de quatre générations d’une famille franco-russe tous en proie à une frénésie d’aventures (romanesques ou sexuelles) qui s’aggravent au fil du siècle. On y verra en effet un clan de Russes blancs traverser l’histoire à la cosaque et les lits à la hussarde, pour aboutir au désastre des derniers de la race. Les Rougon-Macquart, en un volume, de la folie génésique et génétique.

Le premier récit de Laurent Maréchaux, « Les Sept Peurs », relate les sept vies d’un aventurier, mélange de Tintin mitigé de Bouvard et Pécuchet. Sept faces d’une masculinité à sa propre recherche : torero catastrophique, militant déjanté, maffieux à la petite semaine, bûcheron bûcheur, guerrier pas aguerri, pubard arriviste, marin dérivant…

Enfin, le deuxième livre de notre invité, « Le Fils du Dragon » : la rencontre improbable d’Arthur Rimbaud et Joseph Conrad, héros tutélaires de Laurent Maréchaux.Clamez-le autour de vous : Dilettantes de tous les pays, réunissez-vous, vendredi soir, à La Lucarne des Ecrivains !

Mercredi 10 septembre à 19h30, SOIREE ROMAN FANTASTIQUE
autour du livre de Natan Hercberg, L’Enigme Crystal. L’héroïne est frappée d’une maladie étrange : elle vieillit cinq fois plus vite que la moyenne. A trois ans elle en paraît quinze, à quinze c’est une vieillarde. Mais son mental évolue aussi vite que son corps qui s’embellit, elle vit dans le monde de la mode, pervertie par la drogue dans la quête éprouvante de soi, une quête amoureuse et alchimique.

Du Paradis des femmes à l’Enfer des hommes, il n’y a qu’un pas vite franchi au doux Purgatoire de la Lucarne des Ecrivains.
Et ce pas, nous le franchissons avec vous cette semaine, si le coeur vous en dit.

Mercredi 17 septembre, à 19 h 30, LE PARADIS DES FEMMES vous verra en Guadeloupe, en compagnie de Gisèle Pineau et de son roman « Morne Câpresse ». Un paradis pour les femmes réprouvées ou abandonnées, filles-mères ou droguées, aux prises avec l’empire du mâle, c’est-à-dire du mal absolu. Ce paradis se nomme « La Congrégation des Filles de Cham » là où les hommes et leurs crimes sont absents, où la transmigration des âmes d’Afrique aux Antilles se concrétisent. Secte ou paradis, utopie ou folie, la soeur Pacôme et ses compagnes y lutteront jusqu’à la mort. A travers cette histoire mais aussi son oeuvre, Gisèle Pineau nous interpelle sur notre capacité d’aimer, de croire en l’humanité, comme d’autre en Dieu, malgré tout. L’occasion pour vous de rencontrer un important auteur contemporain.

Jeudi 18 septembre à 19 h 30, soirée ATELIER D’ECRITURE avec Isabelle BUISSON qui vous invitera à passer de l’oral à l’écrit. Pour cela, munissez-vous bien d’un stylo et de papier pour passer à l’acte. L’acte d’écrire, bien sûr, cet obscur objet du plaisir, qu’Isabelle Buisson vous fera découvrir ou redécouvrir avec sa Roue de l’écriture Timides ou extravertis bien venus !

Vendredi 18 septembre, « Récits cruels » avec Jacqueline CHARLIAC qui a attendu octante-sept ans pour publier son premier recueil de nouvelles, « Les couleurs du blanc » chez Janus (en présence de son éditrice Luce JAME)dans lequel le blanc prédominant recouvre de son linceul, un par un, les personnages de ces contes effectivement cruels. Une toute autre cruauté que celle de Gilbert LASCAULT, préfacier du recueil de Jacqueline CHARLIAC, que nous connaissons comme professeur de philosophie de l’art mais aussi écrivain, comme on dit, atypique, que connaissent bien les auditeurs de l’émission para-oulipienne « Les Papoux dans la tête ». On le retrouvera donc à travers son oeuvre d’esthétique comme « Ecrits timides sur le visible », ou bien « Figurées, défigurées, petit vocabulaire de la féminité représentée », a côté de ses écrits littéraires : l’inénarrable « Le Petit Chaperon Rouge, partout » illustré par notre ami Henri Cueco, mais aussi « Galaxies amoureuses » et bien d’autres encore. En quelques lignes, Gilbert LASCAULT crée un monde étourdissant, entre le conte de Perrault et le conte voltairien, servi par une écriture précise et poétique comme une horloge à eau.

Mercredi 24 septembre, à 19 h 30 comme d’habitude (mais ça commence souvent à 20h because les retardataires), RECITAL DE JAZZ et POESIE autour des oeuvres du poète congolais N.Y.S.I.M.B. LASCONY, accompagné du guitariste acoustique camerounais ALAIN TCHINDA. A l’instar du poète haïtien Jean Métellus, Lascony n’hésite pas à mêler l’histoire contemporaine au quotidien, l’actualité à la politique africaine, court-circuitant nos habitudes de lectures poétiques comme d’appréhension du monde. Ainsi, dans « Requiem pour le repos de mes anges gardiens », on lit, teinté d’humour noir :

Le ROTI DE CAPITAINE
avait eu lieu au siège
D’une organisation satellitaire
Une brochette d’officiers engraissés
S’insurgea contre la fermeture de la mangeoire(…)
Au barbecue des charognards,
Celui qui montre l’exemple devient comestible
(Le rêve brisé)

Dans son premier recueil, « La blessure de l’âme », on trouve comme une prolongation amère -ou sage- du « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire :

Retourner au pays /De l’intégrisme ethnique /Des chiens enragés
/Des pourriticiens /Retourner au pays et mourir /Du
châtiment suprême /Du paludisme /Du zona /De la fièvre
typhoïde (…)
Non ! Je ne retournerai pas au pays / Je choisirai un petit
coin d’Afrique/ Une île déserte / Où je parlerai avec des
arbres / Où j’intègrerai la chorale des oiseaux migrateurs /
Où les hirondelles m’apprendront à chanter / Les merveilles
de la nature / Je pourrai à nouveau observer mon pays / Et
de loin je vivrai en paix.
(Loin de mon pays)

Jeudi 25 septembre, à 19 h 30 (sauf pour les retardataires), CYCLE DESTIN DE FEMMES MARINA TSVETAEVA. La célèbre poétesse russe vue à travers le prisme de sa fille Ariadna Efron, »Souvenirs d’enfance » tiré de « Chronique d’un goulag ordinaire » (Phébus). L’occasion de découvrir l’oeuvre de Marina Tsvetaeva, mais aussi le parcours chaotique d’Ariadna Efron qui consacra sa vie, entre deux enfermements ou exils dans les camps, à faire connaître l’oeuvre et la vie de sa mère, à travers des pages d’intimité… touchante :

« Je me souviens aussi des claques que m’avait données Maman parce que j’avais jeté dans la mer, du haut d’une falaise,
mon petit soulier neuf. Je me souviens des claques, mais pas de la mer : elle était si immense que je ne la remarquais pas. »

Puisque vous avez été patients jusqu’ici, vendredi 26 septembre (dois-je préciser à 19 h 30 ?) ou, mieux, le 19 absolu 136 E.P. au calendrier Pataphysique : SOIREE ‘PATAPHYSIQUE et PIEDS NICKELES. Alors si vous ne savez pas ce que c’est que la ‘Pataphysique, et bien Thieri Foulc avec sa bande, ou plutôt son Collège, vous l’expliquera grâce au « Cercle des pataphysiciens » (2,50 euros, spécial radin). Et si vous ne connaissez pas plus Croquignol, Ribouldingue et Filochard, c’est-à-dire les épatants Pieds-Nickelés, ces anti-héros inventés il y a cent ans par Louis Forton, le Collège de ‘Pataphysique s’en chargera dans son Correspondancier « consacré à cette sainte Trinité ». Amen !

Enfin, clou de la semaine, à La Lucarne des Ecrivains, samedi 27 septembre à partir de 19h, une soirée picturale et musicale pour le dernier jour de l’exposition Fofolle Fada (la fameuse autruche jaune)de Fred Kustner, avec un tour de chant et deux artistes de l’Echappee Belle: Alain FAUCONNIER : des chansons à découvrir aux thèmes originaux et insolites qui traduisent un véritable engagement pour la vie (http://www.myspace.com/alainfauconnier) ;
Jean Paul EFFE qui nous livre ses compositions, odes à la peur joyeuse et à l’amour meurtri, mêlant des mots simples à
des mélodies baroques, à la guitare ou à l’harmonica (http://www.effemusic.com)

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