Avril 2008

Didier Malherbe

Didier Malherbe

Mercredi 2 avril 2008, à 19 h 30, les mots seront chuintants et doux, évaporés, humoristiques, médiévaux, contemporains. Les mots magiques à répéter seront « doudouk », « anche », « métamorphoses », « Malherbe » ou encore « toupie »…Oui, au son des sonnets ou de son doudouk, Didier Malherbe
vous transportera dans la musique des âmes au gré de sa fantaisie habituelle, de ses toupies sur tambour et de ses paroles, au gré de son recueil « L’Anche des Métamorphoses », des vers rapportés d’Etienne Jodelle, détonants de Maurice Rollinat, sympathiques de Michel Deville. Ah Didier ! Ah Malherbe ! Ah didiermalherbe.com en direct !

Jeudi 3 avril à 19 h 30, Bertrand Renaudin nous revient à la librairie, cette fois sans instrument son « Présent simple » pour cache-sexe à défaut de feuille de vigne, un recueil sur la vie simple comme une simple feuille, une simple musique. Proses où les feuilles reviennent comme une antienne, persienne de feuilles feuilles feuilles que nous effeuillerons, feuilles de papier musique ou feuilles d’or, feuilles d’arbre ou feuilles de la vie qu’on tourne page à page, feuille après feuille.

Enfin, dernier feuillet de la semaine, un artiste, un éditeur et des comédiens nous convieront autour des formes de création que nous aimons. Après l’exposition des dessins évanescents d’Emma Malig, nous aurons aujourd’hui un artiste au tempérament bien différent, l’anglais James King. « Tous ensemble » Oui. Non. Pourquoi ? Sous ce titre énigmatique, on voit des foules de gens manifestant en France ou dans des villes imaginaires, le peuple des chalands des Grands Magasins, les grappes de personnes dans le métro, les piliers des bars parisiens, les clients des boui-boui merveilleux de Marrakech ou bien ce personnage solitaire auréolé d’une bannière célèbre : « Tous ensemble », avec un badge contradictoire à son revers de pardessus : Non. Le vernissage de l’exposition de James King aura lieu ce vendredi 4 avril à partir de 18 h.

Suivra ce vendredi 4 avril à 19 h 30 une soirée autour des fabuleuses éditions Carnets-livres. Livre relié à la main en pleine toile aux motifs africains, cousu façon asiatique, format à l’italienne, chaque ouvrage soigneusement imprimé est un trésor traitant de nombreux genres. Carnet d’artiste comme ceux de James King que l’on présentera en même temps que son exposition, carnet photographique ou carnet de BD, théâtre, récit, poèsie, enquête ethnographique ou sociologique, on est surpris des trésors ‘imagination de son éditeur Daniel Besace également présent. Sera lu l’intégrale d’une pièce de Romaric Maucoeur, « Alter global animal tirée de ses Fantaisies mythologiques en présence de l’auteur, puis des extraits d’autres pièces ou textes du catalogue.

Vendredi 11 avril

Cette semaine un autre Didier, mais moins chevelu que Malherbe, une tête d’œuf incroyable, un Professeur Cosinusissu des Sélénites (les Luniens), je veux parler de Didier Nordon, nous viendra parler de la vérité, ou plutôt des vérités scientifiques, avec cet humour qui est propre à tous les Didier de la Terre et de la Lune, en tout cas de la Lucarne des Écrivains et ce, le vendredi 11 avril 2008, à 19 h 30;Car, telle est la question, peut-on rire avec la science, rire avec -et non rire de… la science. Pourquoi devrions-nous prendre au sérieux toutes les grandes découvertes qui seront submerger par de plus microscopiques encore ? Didier Nordon chronique d’une manière chronique des chroniques pas anachroniques dans la revue  » Pour la Science », et puisqu’il est pour la science, il publie logiquement À bas le savoir ! après Au Cirque et, dernièrement, Vous reprendrez bien un peu de vérité ? comme d’autres reprennent de la moutarde.

Didier Nordon nous dira à travers ses textes pourquoi les chercheurs sont l’antithèse des curieux, en quoi les archéologues et les futurologues serejoignent dans leur incurable aplomb, comment… allez ! venez vendredi et vous reprendrez bien une tasse d’humour !

Et puis samedi 12 avril à 19 h 30, vous aurez droit à lalibrairie à un spectacle théâtral en compagnie de lacompagnie des Trois Clous (et pas des Trois Clowns s’il vousplaît !) pour Le Jour et la Nuit et une série de sketches de Harold (ah ! les Harold !) Pinter, prix Nobel de littérature en 2005.

« À la Saint-Maxime, préfère celle qui rime » nous affirme astucieusement La Gazette de la Lucarne numéro 3 qui vient de paraître. Quelle maxime pour Maxime ? A vous de voir !
En tout cas au sommaire de la Gazette, l’éditorial d’Etienne Orsini « De la musique en toute chose » nous rappelle les rapports étroits entre la langue et la musique à travers son expérience de poète et de chanteur polyphonique. Avec des textes de Sylvie Hérout, Catherine Neykov, des poèmes de Gérard Casteras, Jacqueline Charliac et Jacques Phoebé, le feuilleton de François Perche, une nouvelle de Paul Desalmand, les réactions de Maurice Cury, Marc Albert-Levin et Béatrice Courraud, les merleries de Pierre Merle, les Egographies de Jean-Paul Colin et les facéties de Pierre Dérat (Si tu dis blanc, Dérat dit noir), le tout pour 1 (un) euro !

Au programme des soirées de La Lucarne des Ecrivains, cette semaine ?

Jeudi 17 avril à 19 h 30 une soirée SHAKESPEARE autour de ses SONNETS. Un atelier de lecture comme il y a des ateliers d’écriture. Une leçon d’oral à travers l’écrit, une visite dans l’intimité troublante de Shakespeare.

Vendredi 18 avril à 19 h 30, soirée « écriture, de l’atelier à l’édition ». Dane Cuypers anime en effet depuis des années des ateliers dits d’écriture qui touchent un public très diversifié. Mais là, ce soir, au-delà de son expérience, elle nous présentera trois de ses fidèles qui ont passé le cap de l’apprentissage au point d’écrire et de publier tous trois leur livre. Seront présents : Catherine Péanne pour son ouvrage au titre provocateur La « Gouine » (critique sur le site de la librairie http://lucarnedesecrivains.free.fr à la rubrique nouveauté) ; Madeleine Melquiond au titre pas moins provocateur : « Longtemps, j’ai vécu avec une bouteille » (chez Albin Michel) ; enfin Frédéric Boudet pour « Invisibles » (éd. de l’Olivier). Chacun nous racontera son parcours d’écrivain en herbe.

Samedi 19 avril à 19 h 30, nos trois amis conteurs nous proposeront les Contes de la métamorphose. En première partie Eric Coget et Françoise Vigla enchaineront deux contes amusants sur les mésaventures de saint Pierre sur terre avec Jésus : Les Saisonniers (conte des sages chrétiens) et La fiancée de Saint Pierre (conte breton) puis le premier contera La femme vampire (conte tsigane) et la seconde Un voeu étrange (conte du Maroc) sur des métamorphoses peu banales. En deuxième partie Michèle Rouhet contera Ti corps et Ti’te tête, conte de métamorphose et d’amour (conte africain) puis une surprise pour terminer Des contes d’humour et de l’amour !

Mercredi 23 avril, soirée libanaise avec la revue Siècle 21.

La Lucarne des Écrivains, avec la revue Siècle 21 animée par Jean Guiloineau, en présence des auteurs libanaises Edel Atnan et Nohad Salameh, ainsi que du traducteur Antoine Jockey.

La revue Siècle 21 aborde depuis six ans les différentes sociétés au contact de leurs écrivains, de leur sensibilité ou de leur analyse. Ainsi, dans le dernier numéro coordonné par Antoine Jockey, c’est la littérature libanaise qui parcourt l’histoire proche du pays à travers des poètes, des essayistes ou des romanciers contemporains, qu’ils soient arabophones, francophones ou anglophones. Ces approches peuvent être pointillistes comme Etel Adnan, oétiques comme Hayan Charara ou Nohad Salameh, analytique comme Elias Khoury. Chacun nous dit d’une manière personnelle leur vécu ou leur réaction sur un pays au carrefour des religions, des communautés et des guerres. Et, au-delà de ces approches, ils nous transmettent leur humanité pleine d’amour ou de désarroi.

Extraits :
LE TEMPS QU’IL FAIT
A Beyrouth il n’y a qu’une saison et demie. Souvent l’air est immobile. Je me lève le matin et j’ai du mal à respirer. L’hiver est moite. Mes os me font mal. j’ai un voisin qui crache du sang quand enfin il pleut.
EGLISE
Nous avons des églises, des mosquées et des synagogues. Toutes vides la nuit sans exception. Le week-end beaucoup de mouches désertent leurs jardins. Les gens y entrent.
LA POLITIQUE
Ah, c’est trop, bien trop. Une fois j’ai rêvé devenir le nouveau Ibn Khaldoun d’Amérique ou le Tocqueville des Arabes. Maintenant je travaille pour un journal et couvre la rubrique des faits divers. Et je ne comprends pas pourquoi il y a des rois sans royaumes et des Palestiniens sans Palestine. Et quant aux nombreux scandales qui ont lieu, je ne me sens pas concernée. Pourquoi devrais-je être sensible au fait que des voleurs volent d’autres voleurs ? Le
devrais-je ?
Etel Adnan, Au cœur du cœur d’un autre pays, Siècle 21, p. 23/24.

MERE ET FILLE SE NOIENT
La mère dit qu’elle a peur.
J’ai peur dit la fille.

La mère dit qu’elle a froid aux pieds.
Moi aussi j’ai froid aux pieds dit la fille.

La mère dit que la voiture s’enfonce.
Oui, la voiture s’enfonce dit la fille.

La mère dit que l’eau est lourde aussi et la fille
répète que l’eau est très lourde. (…)

Ah si j’aimais Jésus dit l’une et l’autre dit
ah si j’aimais Jésus.

Qu’est-ce que ça veut dire :
si j’aimais Jésus ? dit l’une et l’autre
répond qu’elle n’en sait rien.

L’eau est noire dit l’une et l’autre
répète que l’eau est noire.

Mes habits sont de plus en plus lourds dit l’une.
De plus en plus lourds répètent l’autre. (…)

Elle dit qu’elles n’ont presque plus d’air.
Oui dit l’autre on n’en a plus.
Hayan Charara, Siècle 21 p.44/45

Jeudi 24 avril : soirée théâtrale sur Léo Malet et le roman policier.

Il était une autre fois Léo Malet (qu’était pas mal, ni haut ni laid) se disant, tombant sur le cul : faisons le coup d’Eugène Süe, un mystère par arrondissement, mieux, un crime bien saignant, avec des jeux de mots laids (c’est bon pour les mollets de Malet) et ça donna (madona !) : Les rats de Montsouris, Les Eaux troubles de Javel, Pas de bavards à la Muette et le meilleur : Boulevard… Ossements. Il inventa pour cela Nestor Burma, mais il n’a pas fait que ça ! Alain Chêne (souple comme le roseau) a écrit pour lui une belle pièce où il raconte sa vie surréaliste ou non, « T’as bien l’bonjour de Léo », qu’il contera avec son copain Jacky Viallon, gai comme un pinson (ou triste comme un violon, c’est selon) et ce, jeudi de cette semaine (le 24 avril pour les puristes).

Vendredi 25 avril : soirée poétique avec les éditions Jacques Brémond.

Un peu de poésie dans sa vie ça ne fait pas de mal surtout quand ce sont des poètes édités par le bon Jacques Brémond des éditions du même nom (vous savez les livres en coton ou en crottin de cheval) ou par Michel Foissier des éditions Propos 2 qui seront là pour surveiller leur progéniture..

Alors vendredi 25 avril à La Lucarne des Écrivains à 19 h 30, Jacqueline et Claude Held (quel beau couple) s’uniront devant vous et vous liront « L’eau, la terre » pour le meilleur (et pour le pire). Puis Claude se séparera de sa fraiche compagne pour lire seul « Qui est On ? » (on se le demande, hein ?), Qui est On ? (« On est un con », dit la sagesse populaire), Qui est On ? Qui est On ? Qui est On ?

Et puis en bon solitaire Alain Guillard donnera tout son art dans « Ombre androgyne », après « Lumières et interrogations du merle » (ah ! merle alors, dit la pie) en attendant « Spectre asexué » chez Jacques Foissier ou bien « Ombres et lumières du kiwi » chez Michel Brémond.

Des extraits ? Alain Guillard d’abord

automne

Comme une feuille
un givre
où le merle a pesé ses notes
ombres liées en la parfaite harmonie
de mes fibres

Au confluent
de nos regards
l’enfant

la barque muselée

AUTOMNE
Un chat noir radine, chaque
matin,
étincelante livrée de feuilles à terre,
pour son bol de lait mêlé de pluies.

Claude Held :

des personnages dérivaient
dans une barque
vue d’abord
puis cachée
puis
venant en partie
et un arbre se tenait
entre nous
et Monsieur Wei
dans un paysage
d’aucune pluie
d’aucun vent
d’aucune neige
avec Monsieur Thoreau qui ramait

dans un monde physique
on ne s’attend jamais
à ce que deux personnes
aient la même folie

Alors un peu de poésie dans votre vie vendredi ?

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Expositions

Du 31 mars au 13 avril 2008 : James King, en liaison avec les éditions Carnets-livres qui publient ses Carnets de croquis ainsi que Sornettes, poèmes de J.-C. Bonnifait. Toutes les soirées sont à 19 h 30.

À l’affiche, également à la librairie, deux expos… sur les affiches :

Du 14 au 27 avril : « 30 ans d’affiche politique » avec les éditions Le passager clandestin jusqu’au 27 avril.

Du 28 avril au 11 mai : « Affiches russes et chinoises » des années 20 aux années 60 », vernissage le lundi 28 avril à partir de 17 h.

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